Rudi, c'est dit ! (3)
Dans son autobiographie "Tous les chemins mènent à Rome" parue ce mois-ci aux éditions Hugo Sport, Rudi Garcia revient longuement sur ses vertes années. Troisième extrait : "Alex, c'est la fête !"
"Retrouver l'élite nous insuffla une ambition décuplée et, si le mot maintien était le plus souvent prononcé en public, je sentais monter des envies bien supérieures en interne. Je devins le bras droit de Robert. Je n'avais pas intrigué pour écarter Yves mais il avait de plus en plus de mal à accrocher avec les joueurs. A l'inverse, j'étais constamment avec eux, en particulier avec les deux Brésiliens, Alex et Aloisio, que le club venait de recruter. Alex eut toutes les peines du monde à s'adapter, au point qu'il fut à deux doigts d'être renvoyé au pays. J'avais dû insister fortement auprès de Robert pour le convaincre de le mettre sur le banc, lors de la réception de Nancy, à la fin du mois d'août, alors qu'il envisageait de s'en séparer. Je m'entends encore argumenter avant qu'il ne donne sa liste de joueurs : "Qu'est-ce que ça te coûte de lui donner une dernière chance ? Ses dribbles pourraient nous servir face à une défense renforcée." Bien m'en avait pris : Alex entra en cours de jeu, égalisa, et offrit le but vainqueur à son compatriote.
Je pense que Robert apprécia ma ténacité. Grâce à nos deux artistes, une folie douce s'empara de Geoffroy-Guichard, jusqu'à ce fameux match contre Marseille au cours duquel Alex marqua quatre buts. Il les célébra en adoptant la marche de la panthère, toutes griffes dehors, les crocs prêts à mordre, dans une posture spectaculaire qui fit le tour des télévisions. Il n'était pas facile de le tenir, je sais de quoi je parle. Paresseux sur les bords, il avait une fâcheuse tendance à prendre du poids et il ne dédaignait pas la fréquentation, certains soirs, des lieux de fête. Ah, la fête, il savait le faire, et la faire partager ! Le public communiait avec l'équipe, il y avait une sorte de fusion dans le stade, c'était beau à vivre, c'était beau à voir, c'était presque trop beau pour être vrai. Sutout trop beau pour être durable..."