Giscard s'en footait

17/11/2023
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Dans son excellent Foot sentimental paru le 19 octobre dernier aux éditions Le Cherche Midi, l'Ange vert se remémore sa première rencontre avec VGE. Extraits.

"Le 13 mai 1976, je me suis réveillé avec la gueule de bois. Il y avait de quoi. La veille, Saint-Etienne avait échoué en finale de la Coupe d’Europe des clubs champions face au Bayern de Munich. A cause d’une blessure à la cuisse, je n’avais pu jouer que quelques minutes en fin de match. Ce soir-là, j’étais inconsolable. Après le dîner, afin d’évacuer la frustration accumulée, j’ai accompagné Gérard Forissier, le kiné de l’ASSE, dans les rues de Glasgow pour une petite virée nocturne. Retour à l’hôtel vers 4 heures du matin, lever une poignée d’heures après : la journée promettait d’être longue. Elle fur surtout imprévisible.

Suivant à la lettre une idée originale de Jacques Vendroux, journaliste à France Inter, Roger Rocher nous a informés à l’aéroport de Glasgow, juste avant le décollage, que nous passerions d’abord par Paris avant de rejoindre Saint-Etienne. Le plan ? Parcourir les Champs-Elysées depuis le rond-point et, au bout de la descente, s’arrêter au palais de l’Elysée où le président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, souhaitait nous recevoir. Certains ont ri de l’initiative : honorer les défaits, c’est un sport tellement français…

Avec l’insouciance de mes 21 ans, je ne mesurais pas l’impact de notre finale auprès des Français. J’imaginais la place de l’Etoile quasi déserte compte tenu de notre résultat de la veille. J’avais tout faux : malgré la désillusion, l’équipe a été accueillie en héros par plus de 100 000 personnes qui entouraient les R5 vertes de location, décapotables ou à toit ouvrant, dans lesquelles la délégation stéphanoise défilait. Je n’en menais pas large à côté de Dominique Bathenay : je me suis toujours senti oppressé dans la foule, surtout quand ma capacité de mouvement est limitée.

J’ai presque vécu l’arrivée rue du Faubourg-Saint-Honoré, où se situe le palais présidentiel, comme une libération. Sur le perron, Jacques Chirac s’est approché à grandes enjambées, tout essoufflé : « Putain, je ne sais pas ce qui se passe, les Champs sont noirs de monde ! » Visiblement, personne n’avait averti le Premier Ministre de l’organisation de notre cortège. Dans le grand salon, Valéry Giscard d’Estaing nous attendait avec une certaine impatience. C’est ce que j’ai ressenti en le voyant. Il avait dû repousser une réunion importante pour préparer les élections municipales du printemps 1977. Son temps semblait compté, le nôtre aussi : nos supporters nous attendaient au stade Geoffroy-Guichard.

C’est la première fois de ma vie que je rencontrais un président de la République. Il flottait comme un parfum de solennité dans ce lieu majestueux, mais c’est avec simplicité que les présentations ont été faites par Roger Rocher. Poignées de main, échange rapide avec chacun, séance photos, discours succinct du genre « Messieurs, la France, c’est vous ! » : tout est allé très vite, sous une forme assez convenue. Le Président m’a donné l’impression de n’avoir pas vu la finale… et de ne connaître personne. Tout, dans son attitude, dans ses gestes, dans ses mots, laissait penser qu’il n’était pas un grand fan de foot.

J’ai compris, avec cet exercice imposé exécuté sur le pouce, que la popularité d’une équipe de football ne pouvait échapper à l’attention et à l’intérêt des hommes politiques, en particulier au premier d’entre eux. Tentative de récupération ? Sans doute y-a-t-il un peu de ça. Mais il y a aussi d’autres explications plus nobles. J’ai su intégrer cette donnée pendant ma carrière. Lorsqu’on est célèbre, on est souvent sollicité, y compris dans les cercles du pouvoir."

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