Omar est frais
Responsable du recrutement de l'ASSE de 2005 à 2008, le commentateur de beIN Sport Omar Da Fonseca porte un regard rafraîchissant sur le foot dans un entretien paru aujourd'hui sur le site Footengo. Extraits.
"Pour moi, le foot, c'est le déséquilibre permanent qu'il faut savoir maîtriser. Il faut bien défendre mais sans que cela soit une fin en soi. J'ai connu des entraîneurs qui considéraient que défendre était un échec parce que ça signifiait qu'on n'avait pas été capable de garder le ballon. Je suis fou quand j'entends Eric Di Méco parler d'art de défendre. Pour moi, mettre ces deux mots ensemble est un non sens. L'art, c'est créer, c'est le génie, le coup de pinceau, le non contrôlé.
Je viens d'un pays où le foot s'apprend dans la rue ou dans les terrains vagues et où on valorise toujours autant ceux qui tripotent bien le ballon, ceux qui sont capables de faire des petits ponts, des dribbles. En France, j'ai l'impression qu'on est encore sous le charme de ceux qui explosent tout physiquement, qui percutent grâce à leur force et pas grâce à leur technique ou leur sens du jeu. Mon approche du football est restée très romantique, sentimentale (rires) !
Je viens d'une culture où la radio était l'élément central de la vie de ma famille. Quand j'entendais le mec commenter les matchs le dimanche, alors qu'on était tous autour de la radio avec mon grand-père, j'avais des frissons. On n'écoutait pas la radio, on la regardait ! J'essaie de ne pas être trop répétitif, d'utiliser des expressions qui sortent de l'ordinaire, et surtout qui me ressemblent. Je tiens à garder un maximum de fraîcheur, de naturel pour ne pas lasser les gens.
Je suis avant tout convaincu que le foot reste un jeu. Je n'ai aucune autre prétention que de vivre les matchs avec mes tripes. Je ne me prends pas pour un prof, je suis davantage dans l'appréciation. J'aborde le foot comme un art. Une question de sensibilité plus que de crédibilité. Le foot n'est pas une science exacte qui peut s'expliquer comme un chirurgien pourrait disséquer une opération. Le foot est aléatoire, un poteau qui sort ou un poteau qui rentre, un but de plus ou de moins... il faut relativiser tout ça et en parler avec son coeur et sa sensibilité."