7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Jérôme et l'icône

Jérome Alonzo commente le statut de Jérémie Janot lors d'un entretien paru ce jour dans la Bible du football.

"J'ai toujours été très proche de Jérémie. Déjà, je suis très heureux d'avoir été un de ceux qui lui ont donné le plus de fil à retordre ! Mais mon cas est un peu à part puisque, quand on s'est connus en tout début de carrière, il était ma doublure avant que je me blesse grièvement  triple fracture malléole-péroné-tibia, ce qui a nivelé les valeurs. Jérémie a été le premier mec qui m'a appris la concurrence. Le couteau entre les dents mais en gentlemen. Ça s'est avéré très bénéfique pour ma carrière et pour la sienne aussi.

Le secret de Jérémie ? Il est très simple : il a un rapport avec le spectacle et la foule que très peu ont en France. Jérémie est aimé - je dirais même adulé - à Sainté et en France, pour sa fidélité et sa façon d'être. Car, au départ, il est humain. Des fois il est brillant, des fois il est moins bon. Je me souviens de Yannik Noah, à qui on demandait : "C'est quoi la plus grande qualité d'Henri Leconte ?" Il répondait : "Avec une raquette, il peut faire n'importe quoi." Et quand on lui demandait : "Quel est son plus grand défaut ?" Il répondait alors : "Avec sa raquette, il peut faire n'importe quoi ! " Pour Jérémie, c'est pareil. Pendant un match, il peut faire des choses exceptionnelles et aussi n'importe quoi. Je me retrouve beaucoup en lui, dans son côté humain. On joue comme on vit. Tantôt ça va plutôt bien, tantôt ça va plutôt mal. Jérémie est dans le registre de la passion, de la rage, de la générosité. A l'arrivée, c'est ce que les gens aiment. 

Avc Ruffier, c'est son plus grand défi qui arrive. Mais si Christophe Galtier gère bien ce dossier, Saint-Etienne a en valeur cumulée la paire la plus forte de L1 avec Lloris-Vercoutre à Lyon. Galtier devra être assez malin pour ménager les susceptibilités de deux lascars aux égo très forts. Mais s'il gère bien, c'est le rêve. Déjà, au niveau du coiffeur, ça ne va rien coûter au club !

Les deux peuvent-ils s'entendre ? Hum... je ne sais pas. Jérémie, il faut savoir le prendre. J'ai lu une interview toute fraîche de StéphaRuffier et je l'ai trouvé très "offensif". Attention ! Galette, qui est un manager hors pair, doit vite convoquer les deux joeurs et avoir une discussion franche entre six yeux. Voire huit, avec ceux d'Albert Rust, l'entraîneur des gardiens. Il ne faut pas qu'ils rentrent dans un match qui les opposerait tous les deux. Jérémie Janot, c'est l'enfant du pays. Attention : danger, icône ! On ne touche pas à une icône, on la respecte. Ce doit être une règle de base pour Rffier, que j'adore. Si ça se passe commeça, ce sera très bien. Il ne faut pas rentrer dans le jeu des interview, sinon ça ne va pas être terrible."