Le drame de Monsoreau
Dans la dernière édition de la Pravda, Sylvain Monsoreau revient sur le drame qu'il a vécu six mois après son arrivée à Sainté.
"J'ai perdu la plus belle personne que j'avais rencontrée. Nous étions très proches. Elle avait vingt-sept ans, elle venait me voir, j'ai été le dernier à lui parler au téléphone. Je me suis effondré. Pendant un an, j'étais quelqu'un d'autre. Je venais m'entraîner parce qu'il fallait venir mais j'avais du mal. Je me suis vu pleurer je ne sais combien de fois, en me prenant la tête pour rien, j'étais complètement déphasé. On me disait : "C'est le foot qui va te remettre dedans." Mais sur le terrain je me sentais à part. Avec le temps ça allait un peu mieux à l'entraînement, j'arrivais à faire les efforts, à rire avec les autres. Mais le soir, une fois tout seul, je ne récupérais pas, parce que je n'arrivais pas à manger, j'avais des images qui me revenaient, des questions sans réponse. On mange moins, on dort moins et on se blesse.
Je ne me ressemblais pas et ça me faisait peur, il fallait en sortir. Je savais que je n'avais pas perdu mon football, mais je ne savais pas combien de temps ça allait me prendre et si on allait me donner ce temps là. Les dirigeants ont été clairs, ils m'ont dit que le club voulait se séparer de moi, qu'on ne m'emmènerait peut-être pas en stage. C'est une entreprise, ils veulent du rendement et moi, je ne donnais pas de rendement. J'ai passé des vacances de gamin, j'ai oublié un peu le foot et je suis revenu en me disant que je n'avais rien à perdre. J'ai envie de faire des efforts pour le coach, qui m'a aidé. J'ai envie que l'équipe fasse une belle saison. Personnellement, je ne me fixe aucun objectif. Je sais maintenant l'importance qu'il faut donner à chaque moment."