7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Il tance, le Milla

Parmi les nombreux  joueurs ayant joué à Valenciennes et à Saint-Etienne, Roger Milla est certainement le plus célèbre... et le plus amer quand il évoque son expérience nordiste. Dans son autobiographie "Une vie de Lion" (éditions Duboiris, 2006), le mythique avant-centre des Lions Indomptables règle ses comptes avec les anciens dirigeants valenciennois :

"Je dois avouer que Valenciennes m'a beaucoup déçu à mon arrivée en France, en 1977. J'avais dans mes bagages mon titre de Ballon d'Or africain, et tout le bien qu'on m'avait dit du foot professionnel (...). Mon contact avec les Stéphanois qui étaient venus livrer un match amical contre les Lions Indomptables m'avait enthousiasmé (...).

Le plus gros problème que j'ai eu à affronter à Valenciennes, ce fut la signature de mon contrat professionnel. Quelle déception ! Vraiment, je n'aurais jamais pensé qu'une telle esbroufe pu se faire entre hommes de bonne volonté ! Je croyais naïvement qu'à ce niveau-là, on avait affaire à des gens honnêtes et sérieux dont la rigueur et le professionnalisme étaient indiscutables. On me fit savoir que je devais me contenter d'accepter un simple statut d'amateur pour la raison fallacieuse qu'il y avait trop d'étrangers dans le club. Une vraie désillusion, un vrai scandale ! Voilà à quoi je devais me résigner !

Un Ballon d'Or africain évoluant en amateur en France, quoi de plus normal ! De toutes façons, il n'y a pas de professionnels en Afrique. Voilà ce qu'on pouvait dire à Roger Milla en toute tranquillité. Et je ne voulais pas entendre de tels propos. Je garde vraiment de mes débuts dans le football professionnel un mauvais souvenir.

En outre, l'appartement qu'on m'avait promis s'est transformé en petit studio de 20 m2 complètement délabré. La fenêtre était cassée, le chauffage défaillant. C'était un véritable taudis. Je me suis retrouvé dans une pièce qui, en hiver, avait les caractéristiques d'un réfrigérateur. Il y faisait un froid de canard. Je me demande toujours ce que j'étais allé faire dans cette galère. En réfléchissant à toutes ces frustations inutiles et à toutes ces bassesses, j'avais vraiment l'impression qu'on m'avait pris pour un crétin."