Les vacances de Monsieur Janot
Pendant l'intersaison, Monsieur Janot ne prend pas de leçons de tennis. Non, son truc à Jérémie c'est le vale tudo (free fight). Avant de prolonger son contrat avec l'ASSE, notre gardien a vécu les vacances de ses rêves au Brésil, invité par son idole Wanderlei Silva. Extraits d'un reportage publié dans L'Equipe Mag du 7 juillet.
"Mi-juin, nous nous sommes rendus au Brésil avec ma femme. D'abord à Rio de Janeiro pour que je m'entraîne une semaine avec André Vieira, ceinture noire de jiu-jitsu brésilien. Ce sport est une variante de la discipline japonaise développée par la famille Gracie à partir du jiu-jitsu traditionnel amené au Brésil au début du XXème siècle par des émigrants japonais. Le principe est d'amener l'adversaire au sol, ce qui réduit les écarts liés à la taille et à l'allonge puis de le soumettre grâce à des techniques d'étranglement, des clefs de bras, de coudes, de jambes. Mon idée était d'être prêt afin de me montrer digne de l'invitation de l'académie Chute Boxe de Curitiba.
Wanderlei Silva m'a invité chez lui pour une séance individuelle avec Alejara, son propre coach. Ce sont des efforts explosifs, très toniques qui mettent vite dans le rouge avec peu de temps de répit, tout à fait dans l'esprit de la préparation du gardien de but. Wanderlei m'a accordé une séance privée. Juste lui et moi. J'hallucinais ! Nous avons travaillé au sol. Il m'a expliqué les bonnes positions et les frappes. Il m'a conseillé sur la protection du visage, le placement des hanches, la façon de crocheter les jambes de l'adversaire... C'était très technique, très pointu, tout sauf un sport de bourrin. J'ai savouré à plein.
L'après-midi, je me suis rendu à l'académie Chute Boxe pour une séance en individuel avec Cristiano Marcello, un maître du jiu-jitsu brésilien, trois fois médaillé au Championnat du monde. Me retrouver face à lui était un honneur. En France, je m'entraîne trois ou quatre fois par mois avec les frères Amoussou qui font référence. Souvent, je fais un aller-retour à Paris afin de travailler avec eux. Donc, confronté à Christiano Marcello, j'avais la base. Il a vu que je réagissais bien. Il a aussi été surpris par ma détermination. Il ne fallait pas se relâcher, sinon je prenais un coup ou une clef de bras. La discipline est totale. Au terme de la séance, il m'a attribué la ceinture bleue de jiu-jitsu. Quelle récompense ! J'espère obtenir la violette d'ici trois ou quatre ans et, surtout, la ceinture noire dans sept ans environ, après ma carrière. Ce serait l'aboutissement de ma passion.
Après le football, je compte me consacrer au grappling, une forme de lutte au sol. Pour tenir le choc et me lancer dans la compétition, il faudra que je prenne dix ou quinze kilos de muscle. Ca me maintiendra en forme, ça prolongera ma passion pour le vale tudo. C'est une formidable échappatoire qui me propulse dans une autre dimension. Le reste du temps, le foot me ronge, me bouffe tellement...
Pour ma reconversion, je souhaite rester lié à Wanderlei Silva, qui compte ouvrir des salles dans le monde, dont une en France. J'aimerais m'en occuper. De toute façon, je n'arrêterai jamais de pratiquer. Dans le chalet que je fais construire à Chalmazel (Loire), il y aura une salle réservée avec un tatami et tout le matériel. Quant à Wanderlei, je prévois de le revoir en septembre à Londres, où il doit combattre. Une chose est sûre : je passerai mes prochaines vacances au Brésil.