La panthère soutient les Aigles
"Après la finale de la Coupe d’Afrique des Clubs champions perdue à Abidjan en 1966, j’ai eu beaucoup de problèmes avec le public malien, au point que j’ai dû m’exiler. Je suis parti à Saint-Etienne en France, où j’ai été champion de France trois fois et vainqueur de deux coupes de France. Les gens ont dit que j’étais parmi les meilleurs joueurs du monde, (le public, les différents entraîneurs, la presse), donc cela doit être vrai. En ce qui concerne la clé de ma réussite, je pense qu’il y a eu plusieurs facteurs. Cela peut être dû à mes qualités physiques et techniques. Mais disons tout simplement que j’ai eu la possibilité de m’adapter à toutes les situations qui se sont présentées.
Quand je suis arrivé en France on ne m’attendait pas à Saint-Etienne. Je viens à la surprise générale de tous et je m’impose. Mais je ne voulais pas devenir professionnel car je voulais participer aux jeux africains qui étaient prévus à Bamako en 1968. Les professionnels ne pouvaient pas prendre part à la compétition. Quand je suis arrivé à Saint-Etienne, je n’avais pas ma lettre de sortie, du coup je ne pouvais pas faire de match officiel. Après la venue de ma lettre de sortie, j’ai fait mon premier match et on a voulu me donner un contrat. Je ne l’ai pas signé car je voulais jouer aux jeux africains. Donc je suis resté amateur et finalement les jeux n’ont pas eu lieu, et j’ai dû signer un contrat pro. Un contrat qui a été d’ailleurs discuté à Bamako, car les dirigeants de Saint-Etienne se sont déplacés pour rencontrer mes conseillers.
Le Mali est à la phase que j’ai toujours souhaitée pour lui. C’est-à-dire être habitué à aller à une phase finale de la Coupe d'Afrique des Nations et ne pas faire des huitièmes ou des quarts de finales une ambition. Quand on arrive à une phase finale, on veut la gagner. Donc le Mali est à cette phase. Les footballeurs maliens ont pris l’habitude de se qualifier depuis 2002 jusqu’à maintenant. Normalement, ils doivent pouvoir prendre les matches avec beaucoup de sérénité. En gros, je pense qu’avec beaucoup de chances, le Mali peut aller loin cette année. Les footballeurs maliens ont pris goût à la culture des grands matches."