7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Coupet, arrêt de jeu (11)

Onzième extrait d'Arrêt de jeu, autobiographie de Grégory Coupet parue ce mois de mai aux éditions du Rocher.

"Descendre en deuxième division avec Saint-Etienne demeure une tache indélébile. Comme si tu étais couvert de honte. A l'époque, je suis profondément abattu, je me rabâche à longueur de temps que je viens de participer à la déroute d'un monument du football français. Il faut voir la tristesse des gens, leurs larmes, être capable de les affronter, sans pouvoir leur dire quoi que ce soit tant tu leur as causé de peine. Je comprends cette déchirure car quand on porte le maillot de ce club, on ne se remet pas de l'affection permanente qui nous entoure. Des supporters des Verts, il y en a partout.

Je ne retrouverai jamais une pareille affection au cours de ma carrière. Sainté, c'est vraiment très spécial. Même lorsque tu participes à des tournois juniors, tu tombes sur des patrons d'hôtel qui te font des cadeaux en guise de remerciements pour le bonheur que Saint-Etienne leur a donné durant des années ! Je me souviens que les différents capitaines des équipes dans lesquelles j'évoluais se voyaient systématiquement remettre des bouteilles de champagne par des gens qui avaient suivi l'épopée en 1976. A chaque fois, ils nous disaient qu'ils avaient vécu trop de moments forts pour imaginer, un jour, changer de club.

Lorsque tu es jeune et que tu descends en D2, tu repenses à tout ça. Le seul côté positif, c'est que tu prends des annnées d'expérience dans la gueule. Depuis ta plus tendre enfance, on t'explique que le football est synonyme de plaisir, et là, tu ne procures que du malheur. Le contraste est saisissant..."