Blaise majesté
Dans la dernière édition de France Football, Alain Perrin et Christophe Galtier donnent leur avis sur Blaise Matuidi, devenu en quelques matches un pion essentiel de l'équipe de France.
Alain Perrin : "Blaise était déjà au club depuis une saison quand je suis arrivé à Saint-Etienne. Il avait 21 ans, mais j'en ai fait mon capitaine à un moment donné de la saison. Je lui ai le confié le brassard assez jeune pour un club comme les Verts, car il était déjà exemplaire sur le terrain. C'était un leader de combat, de jeu. Il affichait une grosse générosité et ne ménageait pas ses efforts. On sentait chez lui un potentiel immense, et ce qui lui arrive aujourd'hui avec le PSG et avec les Bleus ne me surprend pas du tout. Il a été énorme au match aller contre l'Espagne ! Blaise a trois poumons ! C'est un élément moteur sur le terrain. Sa progression a été rapide et je trouve qu'il a encore franchi un pallier sur le plan technique. Sa générosité faisait parfois qu'il n'avait pas le geste juste à la sortie. Il a progressé sur ce plan en lucidité. Sa qualité principale est d'avoir une caisse énorme. Il peut courir et répéter les efforts. Il harcèle l'adversaire, va au duel et récupère un nombre important de ballons proprement. Il a aussi progressé dans le registre de l'utilisation du ballon après la récupération. Son physique en fait également un joueur box to box, capable de se projeter rapidement vers l'avant comme tout milieu défensif moderne. Il a pris du volume dans la construction du jeu avec la répétition des matches et la connaissance du haut niveau. C'est aussi quelqu'un de foncièrement gentil, de généreux, un bon gars de vestiaire, sans problème, presque timide à l'époque. J'ai le souvenir aussi d'un garçon un peu tendre pour communiquer. En franchissant les étapes, il a dû forcer sa nature. Mais avec lui, l'exemple vient du terrain. Et de ce côté-là, sur ce que je vois, il n'a pas changé."
Christophe Galtier : "Quand je l'ai eu, il avait les mêmes qualités qu'aujourd'hui. Mais il était un peu timide dans le jeu. Il avait cette capacité à gratter les ballons, cette capacité à répéter les efforts, mais il était timide dans la projection vers l'avant. Il se cantonnait aux tâches défensives. Le but de l'entraineur, c'était de lui montrer et de lui expliquer qu'au plus haut niveau, il était aussi là pour aller vers l'avant. Chez nous, il avait déjà réalisé ce progrès-là : cette capacité à transpercer la ligne adverse d'une passe vers l'avant. Il avait intégré aussi l'importance de ne pas perdre le ballon facilement, savoir éliminer et prendre un risque dans la passe. Depuis, je crois qu'il a rajouté cette capacité à se projeter lui-même vers l'avant. Il a aussi gagné en maturité. Il était facile à gérer. C'est quelqu'un de respectueux, investi dans sa mission. C'est d'ailleurs pour ça que j'en avais fait le capitaine de l'équipe durant la blessure de Loïc Perrin. Je l'avais choisi par rapport à son investissement. Mais il est plus à l'aise quand il doit se concentrer sur sa tâche. Quand je l'ai découvert, il y a quatre ans et demi, il était quand même influençable. Sans aller jusqu'à faire des bêtises. Mais il faut qu'il fasse attention au très haut niveau."
Alain Perrin : "Blaise était déjà au club depuis une saison quand je suis arrivé à Saint-Etienne. Il avait 21 ans, mais j'en ai fait mon capitaine à un moment donné de la saison. Je lui ai le confié le brassard assez jeune pour un club comme les Verts, car il était déjà exemplaire sur le terrain. C'était un leader de combat, de jeu. Il affichait une grosse générosité et ne ménageait pas ses efforts. On sentait chez lui un potentiel immense, et ce qui lui arrive aujourd'hui avec le PSG et avec les Bleus ne me surprend pas du tout. Il a été énorme au match aller contre l'Espagne ! Blaise a trois poumons ! C'est un élément moteur sur le terrain. Sa progression a été rapide et je trouve qu'il a encore franchi un pallier sur le plan technique. Sa générosité faisait parfois qu'il n'avait pas le geste juste à la sortie. Il a progressé sur ce plan en lucidité. Sa qualité principale est d'avoir une caisse énorme. Il peut courir et répéter les efforts. Il harcèle l'adversaire, va au duel et récupère un nombre important de ballons proprement. Il a aussi progressé dans le registre de l'utilisation du ballon après la récupération. Son physique en fait également un joueur box to box, capable de se projeter rapidement vers l'avant comme tout milieu défensif moderne. Il a pris du volume dans la construction du jeu avec la répétition des matches et la connaissance du haut niveau. C'est aussi quelqu'un de foncièrement gentil, de généreux, un bon gars de vestiaire, sans problème, presque timide à l'époque. J'ai le souvenir aussi d'un garçon un peu tendre pour communiquer. En franchissant les étapes, il a dû forcer sa nature. Mais avec lui, l'exemple vient du terrain. Et de ce côté-là, sur ce que je vois, il n'a pas changé."
Christophe Galtier : "Quand je l'ai eu, il avait les mêmes qualités qu'aujourd'hui. Mais il était un peu timide dans le jeu. Il avait cette capacité à gratter les ballons, cette capacité à répéter les efforts, mais il était timide dans la projection vers l'avant. Il se cantonnait aux tâches défensives. Le but de l'entraineur, c'était de lui montrer et de lui expliquer qu'au plus haut niveau, il était aussi là pour aller vers l'avant. Chez nous, il avait déjà réalisé ce progrès-là : cette capacité à transpercer la ligne adverse d'une passe vers l'avant. Il avait intégré aussi l'importance de ne pas perdre le ballon facilement, savoir éliminer et prendre un risque dans la passe. Depuis, je crois qu'il a rajouté cette capacité à se projeter lui-même vers l'avant. Il a aussi gagné en maturité. Il était facile à gérer. C'est quelqu'un de respectueux, investi dans sa mission. C'est d'ailleurs pour ça que j'en avais fait le capitaine de l'équipe durant la blessure de Loïc Perrin. Je l'avais choisi par rapport à son investissement. Mais il est plus à l'aise quand il doit se concentrer sur sa tâche. Quand je l'ai découvert, il y a quatre ans et demi, il était quand même influençable. Sans aller jusqu'à faire des bêtises. Mais il faut qu'il fasse attention au très haut niveau."