7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Belkebla dans l'oeil du Tigre

Né et formé à Aubervilliers, Youssef Belkebla  (45 ans) est aujourd'hui directeur administratif de ce club du 93 promu en CFA. L'ancien joueur offensif de l'ASSE s'est confié au bimensuel francilien Le Tigre.

"Aubervilliers, c’est comme si je ne l’avais jamais quitté. Ce club ressemble à sa ville. Dans les années 50-60, Aubervilliers était une ville d’immigration espagnole. C’étaient des espagnols qui dirigeaient le club et qui ont été nos formateurs. Après, ça a été la vague d’immigration maghrébine. Demain, ça sera peut-être l’immigration africaine qui prendra le club en mains. C’est ça, l’histoire d’Aubervilliers. Il faut savoir à qui on parle et comment se faire comprendre. Car le milieu extérieur peut-être très nocif. Certains joueurs, s’ils se font remplacer par l’entraîneur, vont se faire chambrer dans leur quartier. Et s’ils le prennent mal, ils peuvent finir par pourrir l’ambiance. C’est vrai que le chambrage, ça fait aussi partie de la culture du club. nos joueurs sont soit étudiants, soit travailleurs. Pour certains, peut-être, au chômage. On en a même un qui travaille la nuit. Le soir une fois l’entrainement terminé, il part au boulot. Et il reprend le lendemain à six heures avec un autre boulot.

Dans un club comme Drancy, il y a sept ou huit mecs qui sont embauchés par la ville, le sponsor ou le président. A Auber, on n’a jamais eu cette possibilité. Il y a un salaire minimum qui commence à 700 euros environ. C’est pas avec ça qu’un joueur va gagner sa vie. A Auber, on a pris qu’une fois un joueur sous contrat. Mais à Créteil ou Villemomble par exemple, certains contrats de joueurs montent jusqu’à 4000 ou 5000 euros mensuels. A la grande époque, la plupart de nos joueurs étaient là depuis l’enfance. Même si c’était pour toucher mille balles de plus ailleurs, ils préféraient rester au club. C’était leur club, leur maillot. Aujourd’hui, même pour 50 euros, les mecs partent. L’amour du maillot, on entend beaucoup parler aujourd’hui, surtout au niveau professionnel. Mais ça n’existe plus. Le changement des mentalités et l’individualisme sont même encore plus forts au niveau amateur."