Dyon sous pression
Ancien préparateur physique de l'ASSE ayant suivi Anto à Nice puis à Rennes, Nicolas Dyon se confie aujourd'hui dans Ouest-France. Extraits.
"J'ai pris en pleine figure les nombreuses blessures musculaires de la saison passée. C'était ma dixième année en pro et ce n'était pas une saison facile ni agréable. La jeunesse de l'effectif, l'intensité des matches, le pressing, le projet de jeu... On en parle depuis plusieurs mois chacun à notre niveau et je ne vais pas revenir là-dessus. J'assume mes responsabilités sur les premières blessures. Pas sur les rechutes. Mais attention, il ne faut pas rentrer dans une opposition entre le staff technique et le staff médical. Il y a sans doute des choses que nous avons ratées. Tous. Il y a eu trop de blessures. On est rentré dans une psychose de la blessure, on a baissé la charge de travail et supprimé le stage habituel de mars. Et au bout du compte, il nous a manqué de l'énergie.
Le staff technique doit avoir une réflexion pour qu'il y ait moins de premières blessures, le staff médical doit se remettre en question sur les récidives. C'est vrai, les joueurs doivent aussi améliorer leur hygiène de vie. C'est le troisième point. Les joueurs doivent se mettre dans la tête que la préparation invisible c'est le fondement le plus important. Cela commence à partir du moment où ils franchissent le portail du centre d'entraînement. Si la préparation invisible n'est pas bonne tout vole en éclat. Comme une bombe à retardement. Nous allons insister beaucoup plus sur la prévention musculaire. Nous allons aussi être plus précis sur la charge d'entraînement. La quantifier précisément. Pour cela, le club a accepté d'investir dans des GPS pour maîtriser les distances parcourues à l'entraînement. Après, nous allons continuer notre travail de préparation athlétique comme nous avons su le faire depuis quelques années.
Dans l'idéal, il faudrait plus de six semaines de préparation. Or ceux qui ont repris lundi n'auront que quatre semaines et demi. Les internationaux, trois semaines et demi. Donc, il est évident que nous devrons trouver des relais dans la saison pour rééquilibrer tout cela. Avec un calendrier qui va être très chargé avec la Coupe d'Europe. En France, la constitution du calendrier est une aberration pour préparer un joueur. Trop peu de temps pour se préparer l'été. Et pas le temps du tout en janvier. On fait du bricolage. Alors que la préparation c'est la période la plus importante. Lorsque l'on construit une maison, il vaut mieux avoir de bonnes fondations. La préparation physique, c'est les fondations d'une maison."