Le bilan de Furlan
Dans un long et instructif entretien accordé au site officiel de l'ESTAC, l'entraineur Troyen Jean Marc Furlan évoque la montée en régime de son groupe appelé à affronter les Verts samedi : "La Ligue 1, c'est le sommet. Depuis des années, j'entends les gens dire que la Ligue 2 ressemble à la Ligue 1 et que son niveau s'en rapproche. Non, ça n'est pas vrai : c'est le jour et la nuit ! La Ligue 2 est très difficile. Parce que ce sont des matches accrochés, à chaque fois des batailles, intéressantes d'ailleurs, mais l'expertise du football, du rythme, de la gestion de l'espace, du talent, c'est la Ligue 1. Ce qu'a réussi à faire le groupe, au bout de quatre à cinq mois, toute la première partie, c'est à dire apprendre la Ligue 1, a fait qu'aujourd'hui, on est une équipe de Ligue 1, compétitive pour la Ligue 1. Moi, je redoutais durant la période estivale qu'il en soit ainsi en début de saison. Quand j'ai vu que Drouin et Enza-Yamissi étaient blessés, que Thiago était hors de forme, et que Grax s'est blessé, c'était toute notre colonne vertébrale qui n'était pas opérationnelle pour débuter la saison. C'était le pire. Si Bastia et Reims sont devant nous, alors que l'année dernière on les talonnait, c'est parce qu'ils ont pu repartir avec l'équipe de la saison passée. Nous, on a débuté diminués par rapport à la saison précédente, moins forts. Ce n'est pas logique, mais c'est comme ça, c'est le destin. Qui plus est, on a dû rapidement utiliser les nouveaux. Pour remplacer Drouin dans l'axe défensif, on a pris Bréchet qui se blesse pendant quarante jours. Là, c'est une catastrophe. On n'était pas au niveau. Et puis les joueurs ont pu s'appuyer là-dessus par la force des choses, et notamment, ceux qui venaient d'arriver, Nivet, Camus, Darbion, Yattara, Bahebeck, puis Jean qui est entré plus tard dans le groupe, un nouveau qui n'en est pas vraiment un puisqu'il a le tatouage Estac sur la poitrine. Mais c'était la première fois qu'il s'entraînait avec nous, au même titre que Matuidi en 2005. Cette équipe aurait pu tout-de-même ne pas franchir le palier. Sa grande force, c'est d'y être parvenue sur la seconde partie. C'est pour ça que c'est une certaine fierté. Bien-sûr, on ne roule pas les mécaniques, mais c'est une fierté, pour le public, pour les supporters. En plus, elle y est arrivée par son football et son style particulier. C'est pour ça que l'équipe de Troyes a une bonne image sur le plan national, une très bonne image. Maintenant, il faut regarder en face. Il est possible qu'en fin de saison on dise aux supporters : voilà, notre p... de début de saison, excusez-moi, nous a foutu le chantier par terre ! C'est possible."
Au delà du temps nécessaire à l'acclimatation à la L1, Furlan justifie aussi les difficultés de son équipe par un arbitrage défavorable : "Sans vouloir jeter la pierre au corps arbitral, c'est impressionnat le nombre de décisions qui nous ont été défavorables ! On n'a eu qu'un pénalty en notre faveur cette saison. Le nombre de ceux qui auraient pu être sifflés, je n'ai pas dit dû être sifflés, mais pu être sifflés, nous auraient permis de vivre certains matches dans d'autres circonstances. On termine à 9 à Bastia, c'est incroyable ! Non, on ne peut pas vraiment dire que cette saison est une saison pleine de réussite." Néanmoins il reste plein d'espoir et loue l'état d'esprit de son groupe : "Pourtant, en plus, c'est un groupe qui a plaisir à vivre ensemble. Je les quitte à l'instant. Ils sont là, dans le vestiaire avant l'entraînement, à débattre de football. Il faut venir les séparer, les départager. Ils demandent l'arbitrage du coach pour savoir qui est le meilleur joueur à Manchester United. Ils n'arrêtent pas de parler foot (rires). Vraiment, ça nous ferait chaud au coeur, à tous, de faire une deuxième saison en Ligue 1 avec ce groupe là. Evidemment. Le public ne s'y est d'ailleurs pas trompé. On a beau être 19es ou 20es, on a toujours le soutien du public. Ça fait plaisir. De tous temps, on peut être critique par rapport aux encouragements dont on bénéfie au Stade de l'Aube. N'empêche, il y avait longtemps, des années, que les gens n'avaient pas été derrière leur équipe comme ils le sont maintenant, alors qu'on est 19es ou 20es. Moi, c'est ce que je ressens au fond de mes tripes. C'est un groupe qui en vaut la peine. Si on imaginait une seconde saison en Ligue 1, j'aimerais bien la voir cette équipe faire un bon début de saison et avoir des points comme nos concurrents en ont eus cette année, comme Reims ou comme Bastia. Un bon matelas de points. Compte-tenu de son fond de jeu, je pense que ça pourrait être quelque chose de très sympa..."