7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Coupet, arrêt de jeu (6)

Sixième extrait d'Arrêt de jeu, autobiographie de Grégory Coupet parue ce mois de mai aux éditions du Rocher.

"Je me souviens du jour qui précède mon premier match en pro, le 26 mars 1994. Dans le journal local, La Tribune – Le Progrès, j'apprends que Jacques Santini écarte Joseph-Antoine Bell des buts et qu'il décide de ne pas donner sa chance à Robin Huc, son remplaçant. L'avenir, toujours selon Santini, c'est moi. Le ciel me tombe sur la tête ! Au stade, je vois des journalistes partout. A la maison, le téléphone n'arrête pas de sonner. Je suis en panique, dans ma tête c'est Hiroshima. J'ai beau avoir conscience que les supporters m'apprécient et qu'ils voient en moi le petit jeune qui monte, je sais également que je n'ai pas le droit de me louper. J'ai droit à un geste de grande classe signé Joseph-Antoine Bell. Le jour même du match, un petit mot est posé sur l'essuie-glace de ma voiture. Y est inscrit : "Mon cher Greg, ce qui m'arrive ne pourra t'atteindre avant quinze ans. Pour aujourd'hui, joue du mieux possible et profite de la belle occase." Bell est à mes yeux un monument, son attention me touche. Le reste de la journée, je suis un peu perturbé, angoissé, mais je ne panique pas. Je n'ai pas la sensation de découvrir un nouveau monde, de voir en face de moi des stars du foot. Blanc, Moravcik, Despeyroux, ce ne sont pas des gars qui se la racontent. Ils ont de la classe, ils imposent le respect.

Juste avant de rentrer sur le terrain, il y a le mythique tunnel de Geoffroy-Guichard, le speaker qui annonce mon nom, les supporters qui le scandent. C'est énorme. Dans le stade, il y a 14 000 personnes. Ça paraît peu tant ça gueule derrière les buts. Une fois sur le terrain, tout se passe bien. On gagne 2-0 contre Angers, j'ai réussi ma première. Après le match, je suis avec mes potes du Puy dans l'appartement de ma mère où l'on fait une sacrée bringue. C'est l'euphorie. Le lendemain, je suis sur un nuage, la sensation d'être monté dans le bon wagon. Les gens sont sympathiques avec moi, ce n'est que du bonheur. Je vis en plus avec Carole, une Stéphanoise, qui me permet de garder les pieds sur terre. Elle, c'est la vraie vie, il m'arrive de la déposer le matin à 5 heures pour qu'elle aille bosser, et, ensuite, elle enchaîne avec ses études. Pour mesurer la chance d'être footballeur, Carole est une piqûre de rappel idéale."