Sainté, continuité, difficulté
En poste depuis un an, Alain Perrin fait le bilan du début de saison stéphanois aujourd'hui dans France Football.
"Le temps passe vite... On ne se rend pas trop compte. J'ai l'impression d'être ici depuis plus longtemps. La saison dernière nous a déjà paru particulièrement longue car on a dû lutter jusqu'au bout, et aujourd'hui on est déjà un peu en difficulté. Il y a une continuité... dans la difficulté ! Il y a un peu de déception aussi : je pensais que cette saison on allait respirer un peu et qu'on aurait d'autres ambitions que de tenter de se sortir de la zone dangereuse. Et voilà donc...
Si l'effectif était au complet, il vaudrait mieux que cette 16ème place. Les objectifs sont toujours fixés en tenant compte de l'environnement optimal. Or, lorsqu'on perd des pièces maîtresses, qu'on souffre d'un manque de réussite lors de certains matches, cela devient plus compliqué d'atteindre les objectifs.
Un certain nombre de joueurs, pour diverses raisons, n'ont pas suivi une bonne préparation. Ils le paient. D'autres sont fragiles. Là-dessus s'ajoutent des évènements aléatoires. Dabo qui prend un coup à la malléole puis se retrouve avec la mâchoire cassée, Ilan qui souffre d'un lumbago... Ce ne sont quand même pas des blessures classiques. Quand des pépins de ce style s'ajoutent aux blessures de longue durée et à des joueurs plus fragiles, ça devient problématique.
Il y a eu des matches qu'on a plutôt bien négociés dans le jeu mais où l'on n'a pas eu de réussite : une erreur individuelle, une décision d'arbitrage, une frappe sur le poteau... Or, pour gagner, il faut que tout aille dans le bon sens... Contre Lyon, on perd Matuidi au bout de dix minutes. A Montpellier, on perd Dabo au bout de cinq minutes. A Nancy, Varrault sort au bout de dix minutes... Toutes ces blessures en début de match et cette accumulation de faits contraires montrent que notre dynamique n'est pas positive. Quand tout va bien, vous n'avez pas de blessés, les poteaux sont avec vous. Pour la bonne fortune, il faut lutter dans l'adversité et fédérer le groupe dans la difficulté.
Lorsque vous perdez, ce sont toujours des fautes d'inattention ! La faute d'attention, au derby, aura été une faute de main du gardien de but. Cela arrive de temps en temps. Notre problème, c'est que ces erreurs sont commises à tour de rôle, dans différents secteurs.
On est victimes de certaines erreurs, mais je ne veux pas en rajouter. On n'a pas le droit d'en faire état, sinon on est accusé de remettre en question l'arbitrage. Ce sont des faits, c'est tout, et on n'a pas encore inversé la tendance. L'équilibre des coups de sifflet pour ou contre vous, on ne l'a pas encore éprouvé....
Le recrutement a trop tardé mais on n'a pas pu le boucler plus vite. J'étais au courant, chaque jour, de l'évolution des négociations et chaque dossier avait sa complexité, mais c'était lié au départ tardif de Bafé Gomis... S'il était parti début juin, on serait allé plus vite. Mais on ne pouvait recruter que si l'on vendait au préalable. Je ne regrette pas le départ de Gomis car il nous a permis de prendre trois joueurs et de consolider l'effectif. C'était programmé. C'est le timing qui, malheureusement, n'a pas été optimal pour nous. L'objectif était d'avoir tout l'effectif au début de notre préparation. Mais le marché des transferts ne s'est décanté que tardivement.
Les nouveaux sont des satisfactions. N'Daw, Gelson Fernandes, Sanogo, Bergessio et Fernandez se sont bien intégrés. Mais on aura davantage de concurrence quand tout le monde sera opérationnel. La santé, c'est la base. Une fois qu'on aura cette santé, on possédera l'effectif qui pourra bien s'entraîner et obtenir des résultats.
La victoire à Nancy est un succès important, comme celui à Monaco. Mais on reste toujours en déficit de points, surtout à domicile. On a laissé échapper des points contre des adversaires à notre portée, à l'issue de matches qu'on aurait pu et dû remporter. Cela nous fait mal aujourd'hui. On devra maintenant lutter à l'extérieur pour rattraper ce retard.
Notre fluidité dans le jeu s'est améliorée. Maintenant on a d'autres soucis, plus défensifs. Je ne veux pas entrer dans le détail, mais actuellement on prend trop de buts. On ne tient pas bien un résultat en prenant trop de buts. Si des défaites à domicile s'étaient transformées en nuls, si l'on ne s'était pas fait surprendre en contre, on aurait trois ou quatre points de plus. On reste trop fragile derrière.
Le prochain match à domicile, dimanche, sera difficile car l'adversaire, Lorient, joue bien. Ce sera déjà un rendez-vous important... Ensuite, on affrontera des adversaires situés dans notre zone (Le Mans, Sochaux, Lille) et chaque rencontre sera importante, juqu'à la trêve, car on se doit de conforter et d'améliorer notre position."