7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Quand l'ange gardien descend de son nuage

Morceaux choisis de l'interview de Jérémie Janot publiée hier dans France Football :

"Heureusement que personne n'a vraiment fait le trou devant nous. Mais si on tombait, ce serait une catstrophe ! Je ne veux pas manquer de respect à la Ligue 2 car c'est là où j'ai fait mes armes, mais quand on y tombe, on ne peut jamais dire quand on on va en ressortir... On ne sort jamais indemne d'une relégation. Ni le club, ni les joueurs. Ceci dit, on peut se raccrocher au potentiel et au talent du groupe... Ils sont indéniables, mais on le dit peut-être un peu trop. On s'est trop reposé là-dessus.

On n'était pas programmés pour jouer le maintien. On s'est peut-être un peu trop emballé après notre 5ème place en mai dernier. Notre fin de saison a été canon, on a connu la réussite en marquant souvent dans le dernier quart d'heure, par exemple. On est passé d'un coup de la 15ème place à la 5ème position. Cela nous a fait oublier nos sept premiers mois chaotiques. Du coup, on n'a pas mis de garde-fous en disant : "Attention, ça va être plus dur la saison prochaine." On était sur un nuage. C'est un sentiment humain. Moi-même, je croyais que le club était parti pour jouer la Ligue des champions tous les ans ! 

On était en phase ascendante, sportivement et économiquement. La relégation balayerait tout le travail effectué depuis la saison 2003-2004, et la remontée. Cette réalité là doit aussi nous galvaniser.

Si on ne se maintient pas pour nous-mêmes, alors, au moins, faisons-le pour tous les gens du club qui travaillent autour de nous et qu'on ne peut pas abandonner. Sauvons aussi le club pour tous ceux qui souffrent de la crise. On est dans une région assez sinistrée. Le foot, ici, est une bouffée d'oxygène. La ville marche au rythme de l'ASSE. Une descente contribuerait à la morosité ambiante. Réfléchissons à nos supporters. Les 60 ou 70 % de nos fans qui sont des ouvriers et qui se saignent pour nous, on doit y penser. Quand tu sors de Geoffroy-Guichard et que tu les vois, tu sais qu'ils t'attendent, tu sais également ce qu'ils attendent de toi. Quand tu es en ville ou que tu vas chercher tes enfants à l'école et qu'on te parle de la descente comme de la peste, tu leurs dis, et tu te dis : oui, on va tout faire pour rester en haut, tout !"