Pas de Cito pour Perraud !
Florent Perraud ne retrouvera pas Jean-Laville samedi, le match Gueugnon/Colmar ayant été suspendu à titre conservatoire par la FFF. Dans les colonnes des Dernières Nouvelles d'Alsace, l'ancien gardien de l'équipe réserve de l'ASSE ne regrette pas d'avoir quitté les Forgerons (que le désespéré Mickaël Citony a rejoint au dernier mercato).
"En novembre, on recevait Plabennec. À 17h, on est arrivé au stade pour constater que le terrain était encore recouvert de neige. Elle n’avait pas été déblayée. Quand le bus visiteur a rejoint le stade, nos adversaires nous ont vus pelleter la neige. Après le match, Tony Vairelles nous a dit que la situation était grave. Qu’il n’était pas sûr de passer la DNCG à Noël. “Si des joueurs veulent partir, je ne les retiendrai pas, je dois faire des économies”. On n’était même pas à la moitié du championnat ! Une réunion plus officielle a suivi, avec le même constat.
Ce qui se passe aujourd’hui, c’est ce que je redoutais. Quand j’y étais, il y avait des retards dans le paiement des salaires. Deux jours, puis quatre, puis une semaine. Aujourd’hui, ce sont des salaires entiers qui n’ont pas été versés. Ils ont envie de s’en sortir. On ne parle pas de foot, là, on parle de mecs qui s’endettent, qui n’ont plus rien, on parle de comment remplir son frigo… Il n’y a rien de bling-bling là-dedans, certains gamins touchent – devraient toucher – 800-900 € par mois. Avec ça, tu ne mets rien de côté alors, quand tu ne reçois pas ta paie, ça devient très vite compliqué avec ton banquier. Si j’étais resté, je ne sais pas comment j’aurais vécu cette situation.
Ils me chambrent, me disent qu’en partant à Colmar, j’ai réussi le coup de l’année ! Personne d’autre n’a changé de club, Quelques joueurs peu utilisés ont juste cassé leur contrat. L’an passé, on s’est sauvé à la dernière journée et je suis resté, parce que j’adhérais au projet de Tony à 200 %. À Colmar, je me fais chambrer parce que je répète que Tony est un mec en or mais je le pense. Si je suis parti, ce n’est pas parce que Gueugnon était 19 e et Colmar 18 e ! J’avais un contrat et je n’aurais pas été libéré s’il n’y avait pas eu tous ces soucis financiers. Je suis parti parce que je voulais protéger ma famille, comme tout employé qui a du mal à être payé. Et heureusement je l’ai fait, ce qui se passe aujourd’hui me donne raison."