Galette ne se débine pas à BeIN
Christophe Galtier était l'invité de l'émission "Le Club" ce soir sur beIN SPORT. A (re)voir ici, l'intervention de Galette a été retranscrite par nos soins !
"Alain Perrin m'a propulsé quand il a été démis de ses fonctions à l'ASSE. Je n'aurais pu accepter ce poste que si j'avais eu son aval. Quand on m'a proposé le poste, j'ai demandé à Alain. Il m'a dit : "c'est à ton tour, c'est à toi maintenant. Tu es capable de le faire, de tenir le poste." Je me suis lancé mais sans son aval ça aurait été impossible. Maintenant que je suis numéro un, je suis toujours aussi proche de mes joueurs. Je suis comme ça. J'ai besoin de sentir le joueur. La relation humaine est très importante chez moi, j'aime les joueurs. Je suis proche de mes adjoints, j'ai un staff assez étoffé. Je fais très attention à eux, comme l'ont fait les entraîneurs avec qui j'ai travaillé (…) Entraîneur, c'est un métier très difficile sur un plan mental comme sur un plan physique. On participe à la vie du club, on est très attentif à respecter un certain équilibre dans le vestiaire, un équilibre financier. J'ai voulu cela car il y avait trop de décalage entre les uns et les autres dans le vestiaire. Un joueur qui ne joue pas ne peut pas gagner trois fois plus qu'un joueur qui joue.
Notre neuvième place au classement ne me satisfait pas. On n'est pas récompensé des matches que l'on a faits, de ce qu'on a pu produire. On marque beaucoup de buts, on en prend peu mais on n'est que neuvième. On a fait deux contre-performances, notamment contre Sochaux à domicile, où on laisse trois points qu'on perd dans le dernier quart d'heure. On laisse aussi deux points face à Reims, même si on a fait un bon match et qu'on s'est créé beaucoup de situations. Ce sont des points qu'il va falloir récupérer avec l'envie de marquer des buts, l'envie de faire du jeu. L'objectif est de faire mieux que la saison dernière, sachant qu'on avait fini septième. Sixième, cinquième, est-ce qu'on sera à une place européenne ? Ce que je sais, c'est que depuis 1981, il n'y a pas trois saisons d'affilée où Saint-Etienne a fini dans la première partie du tableau. On doit progresser, il y a un vrai projet avec la création du stade qui sera fini en 2014. Je sais que j'ai des dirigeants qui font très attention aux finances mais ils sont aussi très ambitieux et visionnaires.
On a axé le recrutement sur la Ligue 1 et l'expérience. François Clerc est international, Brandao connaît les joutes européennes. Renaud Cohade a joué beaucoup de matches de L1. Romain est un joueur très talentueux, beaucoup de clubs voulaient s'attacher ses services. Mes présidents et ma direction ont été sur ce dossier là très intelligents. Ce qui fait pencher la balance, ce n'est pas l'aspect financier. Il y a tout d'abord l'histoire du club, il y a les supporters, il y a la ferveur autour de ce maillot vert. Et après il y a un certain état d'esprit qu'on essaye de développer saison après saison. Comme ils connaissent la plupart des joueurs, ils échangent. Mes cadres et mes joueurs dans le vestiaire leur disent toujours de bonnes choses. Tout ça se fait au fur et à mesure. Il y avait des contrats en cours, des échéances importantes. Je pense à l'opération quand on n'avait que quinze points à la trêve. Ça a été très difficile de dégraisser et de remplacer des joueurs. On a fait ça étape par étape. C'est passé aussi par la vente de joueurs. On sait que lorsque des joueurs viennent à Saint-Etienne, si ça marche, ils sont peut-être aux portes de l'équipe de France. Ils sont transférables dans des conditions très intéressantes pour les uns comme pour les autres. Un joueur comme Dimitri avait plus de trois saisons chez nous, c'était la fin d'un cycle. Tout le monde s'est retrouvé gagnant dans cette opération. A la fois le club et le joueur. Quand un joueur ne veut pas rester, c'est mon intime conviction, il faut trouver le bon compromis pour que tout le monde soit gagnant dans la transaction. Il ne faut pas garder un joueur qui ne veut pas rester.
A la fin du prêt d'Aubame par Milna, ce n'est pas que je n'étais pas super favorable pour qu'il reste. Il y avait une réflexion par rapport aux joueurs que l'on devait garder. On devait rétablir un certain équilibre au niveau des finances. Est-ce qu'il y allait avoir le départ de Manu Rivière ou pas ? Je ne voulais pas que les joueurs se marchent dessus. Dès qu'il y a eu le départ de Manu à Toulouse, on a opté pour faire revenir Aubame qui nous avait montré de la qualité sur les six mois où il n'avait pas pu beaucoup s'exprimer. Il a encore une marge énorme, et en plus c'est un garçon intelligent comme la plupart des garçons que j'ai. Il sera dans un gros club européen car c'est un perfectionniste. C'est quelqu'un qui fait très attention à son hygiène de vie. C'est quelqu'un qui vit football, qui vit pour le football. Brandao, c'est l'expérience. Je cherchais ce pivot-là depuis un petit moment, cet attaquant de fixation et ce joueur de surface aussi. Ça permet de libérer un peu Aubame, qui était avant le match de Nancy à son 62ème match depuis août 2011, titulaire. On pensait qu'il allait partir à la CAN, malheureusement pour lui il n'est pas qualifié. On avait anticipé cela avec la présence de Brandao. Les papiers que j'ai donnés à Mignot contre Lille et à Gradel lors de son entrée en jeu contre Nancy ? C'est simplement des messages pour repositionner les joueurs sur les coups de pied arrêtés suite à des changements. Après deux saisons, j'ai compris que ça en servait à rien de faire des gestes, il vaut mieux un petit mot !
J'ai des convictions, pas des certitudes. Je suis investi au club depuis trois saisons et demi, bientôt quatre au mois de décembre. Je suas où je suis, je sais avec qui je travaille. J'apprécie les gens avec qui je travaille. Je me suis moi-aussi fixé des objectifs très précis. On collabore. L'objectif est de durer et surtout de gagner des trophées."