L'Egypte s'agite, Geiger erre
Entraîneur d'Al Masri, l'ancien défenseur stéphanois Alain Geiger (50 ans) n'a pas pu affronter Mickaël Dogbe (34 ans) et ses coéquipiers d'El Geish, le championnat égyptien ayant été suspendu. Rentré madi dans le Valais après avoir un erratique voyage de 32 heures, l'ancien international suisse s'est confié hier au quotidien Le Nouvelliste.
"Je suis en contact quotidien avec mon président pour étudier la situation et pour savoir si la possibilité existe de travailler correctement. La fédération n'a donné pour l'instant aucune information officielle quant à une suspension du championnat ou d'une éventuelle reprise. Le 29 janvier, on a pris la route du Caire pour affronter El Geish. Nous y étions pratiquement lorsqu'un responsable de la fédération nous a informés que le match était annulé. Les manifestations se multipliaient et les gens étaient de plus en plus nombreux. La police a disparu des rues où l'armée a débarqué. Voir des tanks s'installer en ville surprend. Six joueurs se sont présentés au centre. Nous ne comprenions pas ce qui se passait, nous n'avions pas d'informations. Les liaisons internet étaient interrompues, les transmissions de SMS aussi. Les communications téléphoniques fonctionnaient une fois sur quatre. Nous étions pratiquement coupés du monde pendant trois jours. Ma femme Véronique me tenait au courant de l'évolution de la situation qu'elle suivait à la télévision et dans les journaux.
La peur nous a pris un soir quand nous nous trouvions dans un café. Les commerçants ont débarrassé la marchandise de leurs boutiques, puis des groupes d'hommes armés de fusils ou de couteaux se sont présentés dans la rue. Nous nous sommes demandé ce qui allait nous arriver dessus. Il n'y a eu aucune casse. Les gens ont vidé les magasins et formé des milices pour éviter les pillages. Ce n'est pas évident à vivre quand vous découvrez les images d'un musée en feu au Caire. Personnellement, je n'ai jamais été confronté à des épisodes de violence. Je n'ai pas entendu de coups de feu. Nous avons aperçu des colonnes de fumée, elles étaient assez éloignées de notre hôtel. J'ai proposé une coupure d'une semaine et demandé la permission de rentrer. Les joueurs protègent leurs maisons et leurs familles, ils ne viennent plus aux entraînements. Des problèmes pratiques commençaient à compliquer le quotidien. Les banques étaient fermées, nous n'avions plus d'argent. Le ravitaillement ne se faisait plus. Mon recruteur est resté sur place, il mange des sandwiches depuis plusieurs jours. J'avais prévu de retourner en Egypte ce samedi mais vu les dernières nouvelles, cela me semble difficile."