6 novembre 1974 : ASSE 5-1 Hajduk Split (ap) - 8e de finale retour de C1

Aubame spricht deutsch !

Dans sa dernière édition, le prestigieux magazine de foot allemand Kicker publie une longue interview de Pierre-Emerick Aubameyang. Comme vous ne maîtrisez pas tous la langue de Diane Kruger (à votre grand regret...), on vous a traduit les meilleurs extraits de cet entretien !

"J'aime bien apprendre de nouvelles langues, ça me fait plaisir. Depuis la semaine dernière, un professeur m'aide à apprendre l'allemand. On a planifié deux à trois heures par semaine. Bien sûr, j'essaie aussi de parler allemand avec mes coéquipiers germanophones.

J'ai déclaré que je voulais gagner tous les titres, mais le club ne m'a pas gourmandé pour ça. Je voulais dire que je voulais gagner des titres au cours de mes cinq ans de contrat. Je n'ai pas la présomption de dire qu'on va tout gagner dès ma première saison ici. 

Jürgen Klopp a révélé qu'il m'observait depuis près de deux ans et avait noté attentivement chacune de mes prestations. Mais ce n'est qu'en avril dernier que j'ai appris que Dortmund me suivait depuis longtemps. Très sincèrement, ça m'a surpris !

Mon modèle, c'est Ronaldo. Pas le Portugais mais le Brésilien. Je trouve que Ronaldo a révolutionné le football avec sa façon de jouer. Il était percutant, très fort dans sa conduite de balle, doué techniquement et rapide. Un immense joueur.

Je veux devenir un grand joueur mais je ne me mets pas la pression avec ça, quand bien même mes débuts en Bundesliga ont été très beaux. Je dois devenir plus constant dans mes performances et prouver que je peux m'imposer durablement en Allemagne.

Je ne me fixe pas un nombre de buts précis à atteindre cette saison. Bien sûr, j'aimerais claquer le plus de pions possible et délivrer un maximum de passes décisives. En réalisant un triplé contre Augsbourg, j'ai pris un super départ. Mais si au bout du compte je marque 14 buts comme Marco Reus l'a fait la saison passée, ce serait déjà merveilleux ! La priorité, c'est de travailler pour l'équipe.

Beaucoup de gens pensaient que j'allais signer en Angleterre. Mais j'avais de bonnes raisons de préférer l'Allemagne. Depuis deux ou trois ans, je suivais plus attentivement la Bundesliga qu'auparavant. C'est un championnat en plein essor. Il y a en Allemagne beaucoup de fortes équipes qui pratiquent un football attractif. 

J'ai conscience qu'un attaquant à Dortmund doit faire beaucoup de travail y compris défensivement. Je vais apprendre à étoffer mon jeu, c'est comme ça que je deviendrai un grand joueur. C'est pour ça que j'ai choisi de rejoindre Dortmund et Jürgen Klopp. 

Dès le premier match de préparation, l'entraîneur m'a applaudi car j'avais réussi à écarter un ballon chaud grâce à mon repli défensif. Dès mon premier jour au club, il a clairement affiché la couleur : au Borussia Dortmund, un attaquant ne doit pas rester devant.

A Saint-Etienne, Christophe Galtier m'a fait jouer à plusieurs postes en attaque. Idéalement, c'est bien pour un attaquant moderne d'être polyvalent. Grâce à ma polyvalence, je peux apporter plus d'aide à l'entraîneur et à l'équipe que si j'étais fixé à un poste précis.

Blaszczykowsky joue à droite, Lewandoski au centre et Reus à gauche. J'ai conscience que ce sont tous les trois de supers joueurs. Cependant j'aimerais jouer le plus souvent possible. Peu importe où. 

Il y a certainement un point dans mon jeu où je dois vraiment progresser : apprendre à me comporter au mieux face à un adversaire qui me serre et me laisse très peu d'espace. L'entraîneur va certainement me donner des trucs pour gérer au mieux ce type de situations.

En Coupe d'Allemagne, à Wilhelmshaven, j'ai raté beaucoup d'occasions. Naturellement, j'aurais préféré en mettre une ou deux au fond. Mais Klopp m'a dit : "tu vas encore avoir énormément d'opportunités de marquer, tu ne peux pas toutes les concrétiser." Il avait raison, j'ai eu depuis d'autres occasions. A Augsbourg, j'en ai eu quatre et j'ai mis trois fois le ballon au fond. 

Ce triplé me rend très heureux et je tiens à remercier l'équipe, qui a su me soutenir et me mettre en confiance. Globalement, je me rends compte que j'ai bien amélioré ma finition ces dernières années, sinon je n'aurais pas réussi à marquer autant avec Saint-Etienne. Mais vu toutes mes occases, j'aurai pu marquer deux fois plus !"