7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Quand il voit Galette, Robby pense à lui !

Commentant le renouveau des Verts dans un entretien publié aujourd'hui sur le site Foot42, Robert Herbin se reconnaît en Christophe Galtier.

"Le seul trophée que j'ai gardé de toutes ces années est celui des dix titres de champion de France, même si je n'en ai vécu que neuf, j'étais trop jeune pour le premier. Mais comme joueur ou entraîneur j'ai fait partie de tous les trophées remportés par l'ASSE pendant près de vingt ans. A mon grand désespoir, l'ASSE n'a plus rien gagné depuis 1981. J'apprécie d'autant plus la période actuelle. Je retrouve avec un plaisir immense une équipe conquérante, un club qui a enfin compris qu'il n'y avait que dans la stabilité qu'il pourrait obtenir de bons résultats. La stabilité et une politique basée sur la formation. Il n'y a pas de secret. Dans un club comme Saint-Etienne, qui a cru pouvoir faire autrement à certains moments parce qu'il y avait davantage d'argent ou que ce n'était pas dans l'air du temps, vous ne pouvez pas réussir sans avoir ces deux valeurs comme moteurs principaux. Aujourd'hui, l'ASSE me paraît être sur la bonne voix et ce depuis la saison dernière. En ajoutant de l'expérience à la jeunesse, en conservant beaucoup de stabilité dans l'effectif, les résultats arrivent comme par enchantement.

Il me fait penser à moi quand j'ai débuté et que je n'avais jamais coaché d'équipe de ce niveau. Lui non plus, c'est sa première expérience de la L1 en tant que numéro 1. Peut-être n'est-ce pas un hasard si son parcours et sa progression suivent celle des joueurs issus du centre de formation qu'il n'hésite pas à lancer. Oui, il me rappelle quelqu'un (rires) ! Il faut être courageux pour lancer de temps en temps des jeunes alors qu'on sait parfaitement qu'ils n'apporteront pas autant que des joueurs plus expérimentés. C'est pourtant le prix à payer si on veut être cohérent par rapport à une politique de formation. Il y a deux aspects dans le rôle d'un coach, le jeu et le management. Dans le jeu, il est parvenu à insuffler une dynamique, à préparer son équipe pour qu'elle aborde tous ses matchs sans douter, en voulant imposer son rythme. On retrouve cette volonté d'aller de l'avant surtout cette saison. L'équilibre est toujours précaire mais en apportant du talent offensif au groupe, il n'a pas négligé l'aspect défensif. Pour ce qui du management, il se débrouille bien aussi. dans toute ma carrière, je me suis inspiré d'une citation d'Albert Camus qui disait : "Tout ce que je sais des hommes, c'est au football que je le dois". C'est valable aujourd'hui comme hier. Mais je n'ai pas eu besoin de Camus pour m'apercevoir que le football était un sport collectif et que les résultats ne venaient qu'en respectant certaines valeurs. A partir de là, la différence continue de se faire au niveau du talent individuel. Soit vous en avez suffisamment pour espérer de grandes choses, soit vous êtes moins ambitieux. Les Verts cette saison en ont assez pour être ambitieux."