La Bible tient son Judas
France Football fait aujourd'hui sa une sur "Payet. Argent, gloire et trahison." Auguste, Roro, Nanard et Galette commentent ce pathétique épisode de fin de mercato.
Jacques-Olivier Auguste (agent de Payet). "En vertu de l'article 6 du contrat entre Dimitri et l'ASSE, "si le joueur participe à une rencontre internationale, les parties conviennent de se rencontrer afin de renégocier l'évolution des éléments substantiels du contrat du joueur. J'avais voulu, par cette clause, m'éviter un mal d e tête. C'était pour matérialiser la parole donnée. J'avais eu une prémonition. On a voulu discuter. Le coach avait prolongé, et on était dans cette optique pour mon joueur aussi. Mais quand Dimitri a vu que ça coinçait il a eu des doutes. Je veux le calme autour de Dimitri, qui ne va pas être le boulet de service. Il a toujours l'équipe de France en point de mire, et il est motivé à 300%."
Roland Romeyer : "J'ai vu, en octobre dernier, les représentants non officiels du joueur. Ils souhaitaient en fait régler un problème administratif. TSM, la société avec laquelle nous avons signé le contrat de Dimitri Payet, a, depuis, révoqué Auguste. Des discussions ont été entamées pour tenter de trouver une solution à ce problème. J'étais alité lors de la réunion de janvier, qui s'est déroulée en présence des membres de l'ASSE et de mon avocat, Me Martin. Très vite, la discussion a dérapé, car les demandes salariales étaient inappropriées. Ils nous demandaient de doubler son salaire, pourtant le quatrième du club. Ce même salaire qui, aujourd'hui, est déjà cinq fois supérieur à ce qu'il était l'an dernier ! Je suis fier d'avoir tenu la ligne de conduite que nous avions fixée l'été dernier, c'est-à-dire garder nos meilleurs joueurs tout au long du championnat. On a passé outre l'aspect financier. Le sportif avant tout ! Au niveau de l'éthique, ce n'est pas facile de tenir dans ce milieu mais on y est arrivé. Pour nous, la parole donnée est essentielle. Nous ne cherchons pas à servir d'exemple au foot français. Mais nous ne cèderons ni au chantage ni au menaces."
Bernard Caïazzo : "Nous contacter à trois jours de la fin du mercato, c'est une faute professionnelle. Nous aussi on a des ambitions. C'était un manque d respect envers l'institution. Ni Roland ni moi ne somme achetables. Nos valeurs, à Saint-Etienne, ne peuvent être celles de l'argents, c'est impossible ! Nous ne serons jamais les plus riches. Si l'on construit sur l'aregent, on est perdu. Il y a d'autres valeurs, exemplaires, pour un club comme l'ASSE. Demian, tout joueur de Saint-Etienne sait que, s'il se met en grève, il n'obtiendra pas ce qu'il veut. Ce n'est pas la bonne méthode. Si Payet ne s'était pas mis en grève, il aurait eu des chances de partir. J'imagine qu'un joueur du PSG, aujourd'hui, se dit que s'il fait comme Sessegnon, il va obtenir gain de cause. C'est un préalable qui peut coûter cher à un club qi ne se fait plus respecter. Celui qui conseille à un joueur de faire grève après ce qui s'est passé en Afrique du Sud, je ne trouve pas de mots mais sur le plan de l'idiotie, c'est un sommet. Je ne l'admets ni ne le comprends. Le garçon est un bon gars, j'ai beaucoup d'affection pour lui. Mais il a vingt-trois ans, et il est placé dans un environnement… Si, à l'âge de Dimitri, on m'avait dit que j'allais jouer France-Brésil, j'aurais traversé la Manche à la nage. Dimitri avait toutes les chances d'y être."
Christophe Galtier : "En refusant de me séparer de l'un de mes meilleurs joueurs en cours de saison, je ne pensais pas du tout à l'image qu'on allait renvoyer au foot français. En revanche, je sais qu'en prenant cette position, on disait à nos jeunes talentueux du club où à ceux du vestiaire pro qui envisageraient de partir ainsi : ici, ça ne se passe pas comme ça. On verra l'attitude que Dimitri va avoir vis-à-vis du groupe? Il y a eu, à un certain moment, un manque de respect par rapport à ses partenaires car cela s'est passé la veille et le jour d'un match. Il a eu une mauvaise attitude envers le groupe, qui l'apprécie. Il ne faut pas inverser les rôles. C'est à Dimitri de refaire le pas pour revenir dans le groupe. Les portes lui sont ouvertes. Quand on veut du changement dans sa vie, il y a des règles à suivre, une démarche à avoir : passer par son employeur, respecter la hiérarchie. Oh, gamin, tu ne joues pas au poker ici. Ce n'est pas une nouvelle main et hop, on oublie tout ! Tu te rends compte de l'incidence que ta prise de position a eue vis-à-vis du groupe ? Ça ne se passera pas comme un coup d'éponge. Ce n'est pas lundi dernier, à minuit, que les choses se sont effacées par magie. Il faudra que tout le monde digère, lui y compris, et le plus rapidement possible. Mais je n'ai pas l'attitude de l'entraîneur qui veut sanctionner sévèrement en montrant qu'il est plus fort que lui. L'intérêt du groupe passe avant tout. Si Dimitri redevient le joueur qu'il est, il sera de nouveau important pour nous."