7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Après le plomb, l'or pour l'esclave

Fred Piquionne se confie dans un entretien publié aujourd'hui dans France Foot. Extraits.


"Ça été dur au début, je n'ai pas marqué pendant quatre mois. Dès que j'ai retrouvé le chemin des filets, ç'à été mieux dans la tête et forcément dans les jambes...surtout que je sortais d'une saison quasi blanche à Lyon. J'ai eu du mal a m'habituer au jeu "in the box"...

Malouda et Drogba m'ont bien accueilli et fait découvrir Londres. Mais je suis à un âge (32 ans) où je ne me prends plus la tête. Je suis venu pour prendre du plaisir...

Ici, c'est complètement différent de la France. Pas de banderoles injurieuses, pas de sifflets pour les joueurs de l'équipe, les fans te poussent, ils chantent, du début jusqu'à la fin du match. Il n'y a personne pour t'importuner. Quand tu es en famille, tu es bien, il n'y a pas d'irrespect. Un exemple je suis allé voir Chelsea-Marseille à Stamford Bridge avec des amis. J'ai croisé des supporters marseillais. Certains m'ont reconnu et ils se sont mis à me siffler puis à m'insulter. C'est incompréhensible ! Je ne leur avait rien fait, je ne demandais rien à personne ! Si j'avais répondu cela me serait retombé dessus...alors ça ne sert à rien...


Grant souhaite que ses attaquants se projettent vite vers l'avant. Pour lui, un attaquant, ça reste entre ses deux défenseurs, ça presse l'axe central, le gardien, et ça bouffe les espaces. Et moi j'adore ça !

J'ai marqué le 10.000ème but de l'histoire de la Premier League. Moi, le petit Frédéric Piquionne, je vais rester dans les annales. J'ai gagné le ballon d'Or. (Rires.) Non, en fait, c'était juste un ballon doré, mais c'est sympa quand même ! J'aurais marqué l'histoire du club.

Si tu veux réussir ici, tu n'as pas le choix. Il faut te battre, car les places sont chères. On a un effectif avec beaucoup d'internationaux. Les entrainements ont la même intensité que les matches. Ça tacle dure parfois....

Quand je suis arrivé ici, à la fin de l'entrainement, quelques supporters sont venus me voir et m'ont dit : " peu importe le nombre de buts que tu marques, ce qu'on veut, ce sont des joueurs qui mouillent le maillot sur le terrain. Ces joueurs-là, on les soutiendra toujours... " Ils veulent des guerriers ! J'en suis un...."