7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Nouzaret bluffé

Ex-entraîneur du Mouloudia d'Alger et ancien sélectionneur de la Côté d'Ivoire, Robert Nouzaret revient aujourd'hui dans Le Temps d'Algérie sur la victoire des Fennecs face aux Elephants.

"Franchement, je ne m'attendais pas du tout à ce que l'Algérie élimine le grand favori de la CAN. J'étais vraiment abasourdi. Ce que les Algériens viennent de réussir relève de l'exploit. C'est vraiment un exemple édifiant puisque tout le monde donnait la Côte d'Ivoire archi-favorite, surtout après le match que les Eléphants ont sorti face au Ghana.


J'ai suivi tous les matches de l'Algérie au premier tour. Et ma foi, par rapport aux matches qu'elle avait joués face à l'Egypte durant les éliminatoires, je ne l'ai pas trouvée terrible. Je pensais même qu'elle a été assommée par le cinglant 3 à 0 qu'elle avait pris contre le Malawi. Mais je vois là maintenant que c'est loin d'être le cas. L'Algérie a su réagir d'une manière spectaculaire. J'irai même jusqu'à dire qu'il serait désormais extrêmement difficile de l'arrêter, sauf si les joueurs algériens se grisent par excès de confiance. Une équipe qui parvient à éliminer la Côte d'Ivoire peut nettement gagner la CAN. L'Algérie est passée après cet exploit du statut d'outsider à celui de grand favori de cette coupe d'Afrique des nations. Elle a brouillé les cartes et je la vois vraiment capable de gagner haut la main le trophée.

Les Ivoiriens ont certes des individualités de très haut niveau, mais leur mental est fragile. En plus, ils n'ont pas un potentiel collectif qui leur permet d'émerger du lot. On les présentait comme les grands favoris du tournoi. Quand j'ai revu les séquences des deuxième et troisième buts algériens, je suis resté bouche bée devant la passivité de la défense ivoirienne qui a vraiment commis des erreurs de débutants. Il y avait des fautes de marquage incroyables pour une équipe qui s'apprête à disputer le mondial. Quand on n’arrive pas à préserver le score après avoir pourtant marqué à la dernière minute du match pour ensuite encaisser un but dans les arrêts de jeu, puis un autre dès le début des prolongations, moi je dis que c'est anormal.

Moi j'ai toujours pensé que pour faire une bonne coupe du monde, il faut réussir une grande coupe d'Afrique. Car, si vous faites bonne impression à la CAN, cela vous permet d'avoir un gros capital confiance en vous afin d'aborder le mondial dans les meilleures conditions psychologiques, même si le niveau est incomparable. Mais si ça venait à se passer mal à la CAN, c'est souvent un mauvais signe. Je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent ou croient qu'une équipe qui a raté sa coupe d'Afrique peut se rattraper au Mondial. On ne peut pas se rattraper dans une Coupe du monde si on ne réussit pas à faire ses preuves à la CAN. D'autant que le niveau au mondial est beaucoup plus élevé."