Ils se lèvent tous pour Galette ! (2)
Le travail effectué par Christophe Galtier force l'admiration de trois anciens entraîneurs stéphanois, interviewés dans la dernière édition de France Football.
Robert Herbin : "Saint-Etienne réussit parce que Christophe Galtier s’est orienté vers la formation. Il a permis à des jeunes d’éclater. De Jean Snella jusqu’à lui, c’est la politique qui a toujours fonctionné dans ce club. Je souhaite que cela continue ainsi. Ses prédécesseurs s’étaient moins appuyés sur la formation. La plus-value apportée par Galtier, c’est la cohésion. Quand vous avez cinq, six ou sept joueurs qui ont été formés plus ou moins ensemble, vous gagnez des automatismes qui se répercutent au haut niveau. En fait, il y a deux façons de diriger le club. Celle du PSG – qui a les moyens- et une autre voie, qu’a choisi Saint-Etienne et qui est la bonne. J’en ai souvent parlé avec Roland Romeyer. Ça devient payant. J’espère que cette progression se poursuivra, même s’il faut s’attendre à des difficultés pour conserver certains joueurs. Galtier est un entraîneur exigeant et, comme il s’adresse à des éléments auxquels on a inculqué cette rigueur, ça se traduit par une excellente cohésion, des joueurs généreux dans l’effort et collectifs dans l’esprit."
Elie Baup : "La structure de travail avec le positionnement de Bernard Caïazzo, Roland Romeyer et Dominique Rocheteau est un équilibre fort qui permet à l’entraîneur de se concentrer sur le terrain. Une fois que l’on a dit ça, je trouve que Christophe suit un vrai fil conducteur, qu’il a su mettre en place en termes de modèle de jeu. L’une des grandes caractéristiques du jeu de Saint-Etienne, c’est le repositionnement et la transition défense-attaque, avec une grande vitesse de projection vers l’avant une fois le ballon récupéré. Il y a une vraie cohérence d’idées : comment on récupère ce ballon, comment on le ressort pour tout de suite mettre l’équipe adverse en difficulté. Christophe a su trouver la complémentarité entre les joueurs. Que ce soit Guilavogui, Clément ou Lemoine, chacun sait parfaitement ce qu’il doit faire. Ce harcèlement en situation haute ou basse et ces solutions dans la récupération immédiatement trouvées pour mettre l’adversaire en danger portent la marque de cet entraîneur."
Alain Perrin : "Tout entraîneur est entouré d’un effectif de joueurs auxquels il apporte sa patte. Il faut voir si Saint-Etienne serait là où il en est sans Aubameyang. C’est souvent un leader de jeu qui crée la dynamique qui vous fait gagner quelques matches et prendre confiance. Après, il faut aussi savoir faire vivre un groupe… Et ça, ça se voit surtout quand l’équipe tourne moins bien, par exemple lorsque Saint-Etienne a connu un passage à vide après sa victoire au Parc. Le travail de Christophe Galtier a été de remobiliser les énergies avec un discours fondateur. Il faut être capable de sortir d’une spirale négative, de surfer sur la confiance tout en restant les pieds sur terre. Ce parcours exceptionnel de Saint-Etienne n’est pas venu tout seul. C’est le vrai travail d’un staff. Car si l’ASSE en est là aujourd’hui, c’est qu’il y a une construction que Christophe et tous ceux qui sont autour de lui ont su faire avancer."