Euro qui comme Sivebaek...
... a fait un beau voyage en Suède. Aujourd'hui agent de joueurs, l'ancien latéral stéphanois John Sivebaek évoque avec délectation ses souvenirs de l'Euro 1992 dans un entretien publié aujourd'hui sur le site de So Foot. Morceaux choisis.
"On ne croyait pas à une exclusion de la Yougoslavie. La fédération nous disait de nous tenir prêts, qu’il y avait cette possibilité d’être repêchés… Je venais tout juste de finir la saison avec Monaco, j’étais encore là-bas quand j’ai appris la nouvelle. Mais d’autres joueurs étaient déjà en vacances depuis quelques jours. L’équipe était éparpillée un peu partout. Certains se trouvaient en Espagne, d’autres en Allemagne, les autres étaient au Danemark où la saison se terminait à peine. C’était un peu le bordel pour réunir tout le monde, mais une fois en Suède on était heureux d’être ensemble, on ne pensait plus aux vacances.
Avant la compétition, on doutait beaucoup, notre sélectionneur encore plus. Il s’arrachait les cheveux pour préparer une équipe en moins de dix jours. Du coup, on s’est entraînés beaucoup plus intensément qu’on l’imagine pour rattraper le temps perdu. Il y avait une ambiance décontractée, mais on avait envie de montrer qu’on n’était pas une bande de vacanciers débarqués là par hasard.
On a douté au début. Le nul 0-0 contre l’Angleterre nous a rassurés. Après, la défaite contre les Suédois (0-1), ce n’était pas la catastrophe. Pour une équipe invitée de dernière minute, on se défendait bien. Après, il y a le match contre la France (2-1)… On était déjà heureux d’être en demi-finale. Contre les Pays-Bas, je ne nous voyais pas gagner. C’était le tenant du titre et la meilleure équipe du tournoi. Dans ma tête, c’était mission impossible. Je pense que les Néerlandais, et les Allemands par la suite, nous ont pris pour des petits. C’est la pire façon d’aborder un match.
On n’a pas reconnu le Danemark à notre retour. Cette joie, tout ce monde dans les rues, on vivait un rêve. Je n’oublierai jamais. Chaque année, on se retrouve tous ensemble, femmes et enfants compris, pour fêter 92. On forme presque une famille. Jusqu’à la fin de nos jours, on restera unis grâce à cette victoire."