De but en Blanc
Laurent Blanc se confie aujourd'hui dans Sud-Ouest. L'ancien libéro de l'ASSE évoque notamment les transferts, son style de jeu offensif avant d'adresser un petit tacle à nos amis girondins. Morceaux choisis.
" Les sommes qui ont circulé lors du mercato, c'est du grand n'importe quoi ! Mais si le mec a une fortune de 500 millions et veut se payer Cristiano Ronaldo 94 millions, que voulez-vous y faire, même en temps de crise ? C'est indécent, je le reconnais, mais il fait ce qu'il veut de son argent. Là où le football marche sur la tête, c'est que les gros clubs dérèglent le marché. Nous en subissons les conséquences. Il n'y a plus de valeurs. Aujourd'hui, on vous parle de 2 ou 3 millions d'euros comme autrefois d'un billet de 500 francs.
Ce n'est pas seulement franco-français mais européen voire mondial : aujourd'hui, devant, on trouve les meilleures attaques combinées aux deuxième ou troisième meilleures défenses. Cela signifie que vouloir marquer des buts peut vous permettre de gagner des matches. Si ce changement de mentalité pouvait se confirmer, j'en serai le premier heureux ! J'ai toujours pensé qu'on a plus de chance de gagner en ayant le ballon. Dans ce style, l'absolu, pour moi, c'est Barcelone. Sans se comparer à eux, quand à la fin du match, vous avez gagné avec 60 ou 65 % de possession du ballon, que vous vous êtes créé des occasions et que vous avez peu couru par rapport à l'adversaire, vous avez de quoi être satisfait. D'autres préfèrent s'appuyer sur une bonne organisation défensive et aller vite vers l'avant. Je ne dis pas que je détiens la vérité. Chacun sa philosophie !
Il faut du temps pour apprécier une région, une ville, un club, des dirigeants. Ceux qui arrivent et qui annoncent : "J'adore ! Bordeaux, c'est ma ville", ça fait plaisir à tout le monde, mais c'est du blablabla (...) J'aime bien la réserve et le recul des Bordelais. En plus, l'environnement est beau. Il m'a fallu du temps mais j'apprécie de plus en plus Bordeaux. C'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai prolongé mon contrat. À Bordeaux, j'apprécie de ne pas être assiégé au restaurant par des gens qui me tapent sur l'épaule. Ce que je regrette, c'est qu'il n'y ait pas 32 000 personnes au stade quand on joue le titre."