7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Leroy reçoit son dauphin

Laurent Batlles (36 ans depuis le 23 septembre) croisera ce soir le seul joueur de champ plus âgé que lui en L1 : Jérôme Leroy (37 ans le 4 novembre prochain). Dans la Pravda, le papy des Verts dialogue avec son frère d'armes au Bataillon de Joinville. Extraits.

"Pour moi c'était un rêve de débuter en 1993 avec Toulouse, mon club formateur. Déjà, pouvoir s'asseoir dans le vestiaire avec les pros, à notre époque, ça représentait beaucoup. Mon deuxième match, c'était au Parc, j'étais au marquage de Valdo. J'avais pris un bouillon ! Après, la vie fait qu'on a duré. C'est aussi une question d'hygiène de vie et d'entraînement.

Tu sais comment est notre milieu : assez lisse. Tu as le droit de faire passer des messages. Mais à un moment, parler t'a porté préjudice et coûté la sélection. On a baigné là-dedans, les anciens ne nous faisaient pas de cadeaux, il fallait montrer du caractère. J'ai aussi commis des erreurs. J'ai été orgueilleux. Jouer moins m'a cassé les bonbons et j'ai quitté des club. Mais je ne regrette rien, à part de ne pas avoir eu assez de talent pour porter le maillot de l'équipe de France.

Ce sont surtout les médias qui ont changé. Si tu devais être internantional, l'avis des entraîneurs suffisait. Aujourd'hui, les médias ont pris une telle importance que certains choix, certains transferts, sont guidés par ça. Les clubs recherchent aussi tous ces transferst pour rentabiliser leurs centres de formation. Payer un joueur 15 M€ était inenvisageable à l'époque, sauf pour Maradona. Maintenant, c'est banal, tu peux payer 15 M€ pour un bon petit joueur comme pour un international.

J'aurais aimé jouer en Espagne. Mais à l'époque, on n'était pas dans la même optique. Le meilleur club européen, c'était Marseille, et on se disait qu'il fallait rester en France pour toucher le top. Moi, à Toulouse, je regardais plus vers Nantes, Marseille, Bordeaux. Aujourd'hui, je ne sais pas si ces clubs représentent la même chose. Les jeunes te parlent d'Arsenal, de Manchester United, du Barça. C'est pour ça que ce que fait Paris est bien, ça va permettre à des jeunes de vouloir jouer ici plutôt qu'à l'étranger.

Gagner un trophée ? Finir le mieux possible en parvenant à passer le relais, ce serait déjà bien. Le plus important, c'est de se régaler. Je passe mes diplômes d'entraîneur. Rester dans le milieu du foot me plairait, j'y suis depuis que j'ai quinze ans."