7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Bafé le bilan

Dans la Pravda du jour, Bafé Gomis fait le bilan de ses prestations chez les vilains.

"Lorque j'ai marqué à Lisbonne, j'ai ressenti un grand soulagement. J'avais fait un bon début de saison, après j'ai eu un peu moins de temps de jeu. J'ai manqué de réussite, notamment avec ces poteaux à Bordeaux et contre Saint-Etienne. Sinon, j'aurais un bilan tout à fait correct. Les supporters m'ont sifflé samedi dernier contre Sochaux ? Je n'ai rien à leur dire. Je fais mon boulot, je ne suis pas un tricheur. Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive et sûrement pas la dernière. Mais je suis fort dans ma tête. Je ne vais pas dire que j'accepte les sifflets. Pour moi, ils sont injustes. Mais il ne faut pas que ça me pollue l'esprit, sinon je vais perdre mes moyens. Je le prends de manière positive. C'est de la pression, c'est de l'exigence.

Quand je regarde mon bilan depuis que je suis à Lyon, en nombre de buts par rapport à mon temps de jeu, j'ai toujours répondu présent*. Mais c'est vrai que je suis plus ambitieux, tout comme le coach, le président, le public lyonnais aussi, qui est exigeant. Il y a des matches où je n'ai pas été bon. Mais j'ai marqué trois buts cette saison. Même si je peux mieux faire, ça n'a rien d'alarmant ou de catastrophique. J'ai eu un transfert difficile. Je viens de Saint-Etienne, le club rival. Le public me pardonne moins de choses. C'est pour ça que cela ne me fait pas mal. Je sais d'où ça vient. J'ai marqué des buts importants la saison dernière et encore un à Lisbonne, qui peut compter pour la différence de buts. Il y a un dicton qui dit : quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finira par se lever. Je crois beaucoup en Dieu et au travail. J'ai certaines valeurs et, si je continue dans cette direction là, je sais que ça va payer. Ma première saison n'était pas mauvaise. Je pense pouvoir mieux faire. Après, il faut enchaîner les matches. J'en ai besoin car je suis un diesel.

Je ne suis pas un numéro deux et je n'accepterai pas d'être un numéro deux. Je suis un joueur qui fait partie de l'effectif et qui veut jouer. Maintenant, il y a les choix faits par le coach et que l'on se doit de respecter. J'ai toujours été quelqu'un qui travaille pour le bien du groupe mais je ne suis pas un numéro deux. L'absence de Lisandro va me donner du temps de jeu mais il va bien revenir un jour et j'aspire aussi à jouer. Mon avenir est à Lyon, j'ai signé pour longtemps. On se posera les bonnes questions en temps et en heure, pour mon bien et pour celui du club parce qu'il faut que je progresse. Mais je ne suis pas quelqu'un qui lâche. Je suis quelqu'un qui travaille dans son coin et qui a beaucoup de caractère. Pour retrouver les Bleus, il faut que je joue plus. Rien ne remplace la compétition. Je ne pense pas être loin des meilleurs buteurs français. Ils sont à quatre ou cinq buts de plus que moi mais ils jouent beaucoup plus. Mais je ne fais pas de fixation sur ça."

* Depuis qu'il joue chez les vilains, Bafé a claqué 18 pions toutes compétitions confondues soit un but toutes les 203 minutes. C'est moins bien que Lisandro (un but toutes les 149 minutes) mais plus brillant que Briand (1 but toutes les 259 minutes).