Curko fort et vert
Les anciens verts François Lemasson (entraîneur des gardiens à l'AS Cannes) et Hervé Revelli (entraîneurs de l'US Feurs, CFA2) analysent l'évolution du poste de gardien de but dans un entretien mis en ligne aujourd'hui sur Actufoot06.
François Lemasson : "Avant, même les tout meilleurs gardiens de but ne s’aventuraient que rarement dans les airs. Dans ce domaine, Ivan Curkovic était sans doute un précurseur. Il anticipait mieux que personne la trajectoire des centres. De nos jours, seuls les Anglais me semblent restés à l’âge de pierre, avec des gardiens très costauds et qui restent sur leur ligne de but. Le grand chamboulement a eu lieu en 1992. Selon la loi XII du Code de la FIFA, "à tout moment, lorsqu'un joueur adresse délibérément une passe au pied à son propre gardien, ce dernier n'a pas le droit de toucher le ballon avec ses mains". Désormais on est sans cesse concerné par le jeu. Si l’adversaire joue dans le dos de notre défense, que l’on évolue à plat derrière, l’anticipation est primordiale. La donne a changé. Le travail d’un gardien de but, c’est un tout aujourd’hui : on se parle, on se rassure, on analyse et on guide notre équipe".
Hervé Revelli : "Le gardien d'aujourd'hui n'a rien à voir avec celui d'hier. Ce n’est plus celui qui dégage uniquement le ballon le plus loin possible. Le grand changement, c’est que le gardien suit les même entraînements que ses coéquipiers. En plus de ses ateliers spécifiques. Il joue dans le champ, utilise sa tête différemment. Ce que je demande à mes gardiens, ce ne sont pas de grands ballons mais des relances propres sur les côtés. Mon goal, c’est le patron de la défense. Il participe davantage puisqu’il doit couvrir ses défenseurs. Vu que le libéro décroché n’existe plus, c’est lui qui fait monter le bloc équipe".