Willy libéré !
"Libération" consacre aujourd'hui un portrait à Willy Sagnol. Le journaliste Rico Rizzitelli revient notamment sur la période stéphanoise du latéral droit de l'équipe de France.
Morceaux choisis :
Si cela n'avait tenu qu'à lui, Willy Sagnol ne se serait pas rendu à cette journée de détection. Le mercredi aprème, en général, il le réservait à ses potes et au sport scolaire, «et cela me suffisait largement» confie-t-il d'emblée. Son père Jacky venait pourtant de découvrir dans le Progrès que l'AS Saint-Etienne organisait une séance de recrutement. Et on ne refuse rien à un paternel qui vous a initié au football et affublé d'un prénom qui rend hommage à un joueur néerlandais des années 70, Willy Van de Kerkhof, double finaliste de la Coupe du monde.
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Comme d'autres habitants de Montfaucon, Willy a donc débuté sa carrière professionnelle dans le Forez. «Contrairement à d'autres, gamin, je ne me rêvais pas en joueur pro. Mon truc, c'était plutôt d'être commissaire de police.» A force d'ingurgiter trop de séries américaines, sans doute. Et les films de De Funès, dont il raffole. Tenancier du Tire-Bouchon à Montfaucon-en-Velay, Gilles Bernardo se souvient «d'un jeune gars qui ne faisait pas de vagues et que tous ses potes adoraient. Il était tellement discret que, lorsqu'il revenait, on avait du mal à imaginer qu'il était footballeur pro».
Entraîneur de Toulouse et responsable du centre de formation stéphanois à l'époque, Elie Baup repère son autorité altière et sa propension à défendre debout. «En dépit de ses indéniables qualités intrinsèques, il ne faisait pas de vagues. C'était dans sa nature, ce curieux mélange entre dons et timidité», se remémore-t-il. Son coéquipier stéphanois Philippe Cuervo ne tarit pas d'éloges : «Il n'avait pas vingt ans et son jeu impressionnait par sa maturité. En outre, il avait une force de caractère peu commune : il savait où il voulait aller et comment y aller.»