Avec Roro, fini le casino !
Dans la dernière édition du Dauphiné Libéré, Roland Romeyer revient sur les problèmes de gestion qui ont plombé le club. Extraits.
"Quand nous étions co-présidents avec Bernard Caïazzo, nous avons pris de la hauteur en nous reposant sur Vincent Tong-Cuong pour le côté financier et Damien Comolli pour la partie sportive. Seulement en décembre 2009, tout le monde, de l’extérieur, a pu constater que sportivement, c’était compliqué. Seize points à la trêve, c’était peu ! Mais, de l’intérieur, ce n’était guère mieux et l’on s’acheminait vers une cessation de paiement en février de l’année suivante.
Quand j’ai réalisé l’audit du club, il y avait urgence et j’ai compris pourquoi on avait déraillé. C’était comme au casino, quand vous êtes en difficulté et que vous rejouez pour vous refaire. Ici, quand on faisait un budget, on se disait si on recrute untel, untel et untel, on finira 5e et on faisait un budget équilibré en misant sur cette 5e place. Malheureusement, on a terminé 17e ! C’est dix millions de droits TV perdus et le budget, qui était équilibré, ne l’est plus. Idem la saison suivante. 22M€ d’investissements, des salaires énormes, plus des augmentations conséquentes pour au moins deux joueurs !
On ne peut donner que ce qu’on a. Dans une entreprise, un commercial coûte toujours cher. Chez moi, ils avaient le SMIC et des commissions. Il y en a qui gagnaient plus que moi. Mais j’étais content de rémunérer des commerciaux qui rapportaient du fric. Là, c’est pareil. Les joueurs ne touchent des primes qu’à partir de la 9e place car l’ASSE, par son histoire, son statut, doit figurer dans la première partie du classement. Et s’ils sont champions, ils peuvent plus que doubler leur fixe. Je me suis inspiré de mon expérience de chef d’entreprise et aussi de ce qui passait en Allemagne. Je pense que c’est la solution d’avenir. S’il y a un dérapage sportif, il n’y a pas de dérapage financier. Ce qui me donne raison, c’est que cette année nous sommes passés au vert."