Thimothée taxi moto
La dernière édition de France Football publie un entretien de l'ancien attaquant stéphanois Didier Thimothée (43 ans). Extraits.
"Je voulais absolument monter une boite afin d'être indépendant et à mon compte. J'ai créé l'entreprise de taxi moto Call and Bike en 2007. On a trois salariés : mon frère, un autre chauffeur et moi. On travaille beaucoup avec des sociétés, des hommes d'affaires, des cadres et chefs d'entreprise. Il nous arrive aussi de transporter des politiques, des cadres et des chefs d'entreprise. Il nous arrive aussi de transporter des politiques. Je parcours entre 200 et 250 km par jour. Sur une année, ça représente entre 80 000 et 90 000 bornes.
Le taxi moto, c'est très en vogue et cela fait gagner du temps à pas mal de monde. Par exemple, je transporte une maman divorcée. Quand elle rentre de voyage, elle met entre deux heures et deux heures et demie pour rejoindre son auto en taxi voiture. En moto, elle y est en quarante-cinq minutes seulement. Ça lui a complètement changé la vie, car elle peut s'occuper plus longtemps de ses enfants. En voiture, les gens se disent "je vais rater mon train, mon avion, ma réunion." Avec la moto il y a moins de stress. Les taxis motos restent encore invisibles par rapport aux voitures. On n'a pas de pancartes dans les gares, très peu dans les aéroports. On se bat pour cette reconnaissance puisqu'on a monté un syndicat. Ce qu'il faudrait également, c'est une centrale de réservations pour pouvoir être plus réactif.
Au début, c'était très difficile avec des plages horaires très larges. Parfois, c'était du 8h00-23h00. Maintenant je ne raisonne pas en termes d'heures travaillées, mais en termes de courses effectuées. De sept à huit par jours. Les motos sont un peu plus chères sauf que vous restez moins longtemps que dans une voiture. Je fais le plus souvent des trajets Paris-aéroport. Pour Orly, c'est 60 €, pour Roissy, 80 €. J'ai toujours aimé la moto, je faisais du cross dans les champs. Quand j'étais joueur à Montpellier, j'ai eu un accident. J'ai fait un vol plané de sept à huit mètres et à l'atterrissage je me suis éclaté. Faire ce genre de sport était interdit pour tous les footballeurs. Quand je suis revenu au club, j'ai dit que j'avais chuté en VTT. Je n'ai pas été découragé à refaire de la moto. On est tout le temps dehors et on bouge pas mal. C'est plus de la balade qui fait partie d'un travail, mais qui est beaucoup plus tranquille."