7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Tout à fait Thierry !

Thierry Roland évoque avec nostalgie ses vertes années au cours d'un entretien publié dans La Nouvelle République.

"Les années soixante-dix vont constituer les fondations du foot tel que nous le connaissons aujourd'hui. Et puis, côté français, c'est la grande décennie des Verts de Saint-Étienne, vice-champions d'Europe, qui sera un phénomène déclencheur du grand engouement pour le foot chez nous (...) L'Ajax a véritablement donné du souffle au jeu, notamment au jeu d'attaque. Cela dit, le Bayern de Beckenbauer, Müller et Maier a aussi beaucoup compté. Mais ce sont les vainqueurs des Verts à Glasgow… Alors, pour cette raison aussi, et pour être juste un peu chauvin, je vote Ajax ! 

 Il est évident qu'un téléspectateur qui dispose des chaînes à péage et du câble peut aujourd'hui regarder, chaque jour de l'année s'il le souhaite, un match et même davantage. Tant mieux pour la diversité de l'offre, car les grands championnats sont aujourd'hui exposés très largement. Bien sûr, cela n'a rien à voir avec les années soixante-dix. Lorsque je commentais un match européen de Saint-Étienne contre le PSV Eindhoven ou le Dinamo Kiev, c'était un événement pour la France entière ! Cela faisait la une des journaux, c'était le premier sujet d'actualité, le premier thème de discussion dans les usines, dans les bistrots… Alors, c'est vrai qu'en se démultipliant à la télé, le football a perdu un peu de sa magie. Une denrée rare est toujours plus précieuse qu'un produit courant…

Ce qui caractérise davantage le présent par rapport au passé que j'ai connu, c'est que le football est devenu un univers très aseptisé.C'est-à-dire que les joueurs n'ont plus du tout le même contact avec leur public. Ils ont leurs agents, leurs intermédiaires… Vous le savez, c'est pareil pour nous, les journalistes. Nous n'avons plus les accès que nous avions jadis sur les terrains d'entraînement, dans les vestiaires. Les joueurs envoient leurs chargés de communication. Moi, j'ai connu l'époque où, après avoir commenté un match international à la télé, un joueur de l'équipe de France pouvait me ramener chez moi en voiture. Bien avant le téléphone portable, je pouvais appeler Michel Platini chez lui si j'avais besoin d'une info. J'avais son numéro, c'était normal, et il ne s'en est jamais agacé. Essayez donc aujourd'hui, sauf si c'est votre ami d'enfance, d'appeler un joueur chez lui… On constate la même chose au niveau des clubs, où les portes sont bien plus fermées qu'à une époque. C'est un reflet de la société actuelle, je pense, plus méfiante, et peut-être moins conviviale. C'est ainsi."