Roro, la formation et le camion
France Soir publie aujourd'hui une interview de Roland Romeyer. Extraits.
Vous incarnez le côté populaire du club, l’enracinement local, si bien que l’on vous oppose souvent à Bernard Caïazzo, l’ancien coprésident. Cela vous agace-t-il ?
Le Stéphanois et le Parisien, oui… Le mode de gouvernance a changé : Bernard préside désormais le conseil de surveillance. Il est coactionnaire à 50-50. Nous sommes complémentaires et nous avons une ambition commune : voir Saint-Etienne reverdir. L’ASSE est un colosse endormi.
Saint-Etienne, premier après sept journées, est désormais huitième. Etait-ce prévisible ?
Notre première place, cette année, était une surprise. Je n’oublie pas que nous avons terminé dix-septième les deux dernières saisons. On n’a jamais pris le melon, contrairement à ce qu’affirmait Louis Nicollin, le président de Montpellier. On savait que les grosses équipes allaient progressivement revenir dans le haut du classement.
Quelle est la stratégie de développement de l’ASSE sur le long terme ?
Le club ne doit pas oublier qu’il s’est fait un nom dans les années 1970 grâce à la formation. Nous sommes un club formateur avant tout et le contexte économique nous pousse à poursuivre dans cette voie plutôt que de chercher à réaliser de gros transferts. On ne dépensera pas 100 € si on n’en possède que 90.
Si l’attaquant lorientais Kevin Gameiro vaut 12 millions d’euros, combien valent Blaise Matuidi et Dimitri Payet, vos deux pépites ?
Leur départ n’est pas à l’ordre du jour. Nous n’avons reçu aucune offre pour Blaise. Nous espérons d’ailleurs le conserver la saison prochaine. Après, bien sûr, si un gros camion plein de billets se gare devant le stade, on sera obligé d’en tenir compte. Le club ne pourra refuser une offre faramineuse.
Comment avez-vous pris la sortie dans la presse de votre ancien directeur sportif Damien Comolli, qui s’est plaint de l’environnement néfaste du club ?
Je l’ai très mal pris. Je me suis senti trahi par quelqu’un que j’avais toujours soutenu et protégé. Ce n’est pas bien de cracher ainsi dans la soupe, j’attendais mieux de sa part. En tant que directeur sportif, il a eu sa part de responsabilité dans les mauvais résultats. Son recrutement a coûté 22 millions d’euros, il n’a pas à rouler les mécaniques.
Si un milliardaire du Golfe vous proposait de racheter le club, que feriez-vous ?
Je suis très clair : si quelqu’un arrive avec beaucoup d’argent et un projet, je lui laisserai ma place. Je conserverai simplement mes actions. Si cela peut permettre aux Verts de franchir un cap, je n’hésiterai pas. A une condition, je le répète : que le projet tienne la route.