7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Coupet, arrêt de jeu (14)

Quatorzième et dernier extrait d'Arrêt de jeu, autobiographie de Grégory Coupet parue ce mois de mai aux éditions du Rocher.

"A l'annonce de mon transfert à Lyon, je suis insulté dans les rues de Saint-Etienne. Je n'imagine pourtant pas tout ce qui va suivre, cette rivalité ahurissante entre les deux clubs qui occasionne des attitudes pour le moins étranges. C'est ma soeur qui subit dans un premier temps les conséquences de ma signature à l'OL. Elle, qui habite et travaille dans une banque à Sainté, est obligée au bout de quelques jours, d'enlever la plaque de son bureau, où est inscrit son nom. Les commentaires désagréables sur son petit frère se multiplient et elle en a vite ras-le-bol ! Au niveau de la connerie humaine, on part déjà sur de bonnes bases.

Arrive ensuite mon premier entraînement à Lyon, au centre de Tola-Vologe. Il neige sur la région, je mets une bonne heure pour m'y rendre en voiture, j'ai le ventre noué. Et je ne suis pas déçu par l'accueil. Une énorme banderole m'attend à l'entrée, où je peux lire : "Olmeta président, Breton titulaire, on ne veut pas d'un sale Vert !" Ça rime, c'est pas mal... Je lis également : "Coupet, fils de pute", tagué sur un autre mur. Un grand moment de solitude...

Ce ne sont pas uniquement des querelles de supporters. Il faut savoir qu'à cette époque, il existe une véritable rivlité entre joueurs. A Lyon, on me serre la main, on me dit bonjour, mais je sens bien que les joueurs sont restés assez proches de Pascal Olmeta. Personne, loin de là, ne me saute au cou. Tout le monde fait attention. J'ai la sensation d'être un sale Vert qui vient de deuxième division et qui ose vouloir prendre la place d'un Lyonnais.

Lors de mon premier entraînement, comme le terrain est impraticable à cause des conditions climatiques, tous les joueurs filent sur un synthétique, où il n'y a aucune séparation entre joueurs et supporters. Au bout de quelques minutes, un petit match s'organise et Alain Caveglia me marque un but. Derrière moi, j'entends : "Tu vois ça, c'est un but de Lyonnais, enculé de Vert." Je ne réagis pas, je ferme ma gueule, sinon je sais que mon aventure à l'Olympique Lyonnais s'achève au bout d'une journée."