7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Roussey contre-attaque

L'Equipe Mag publie aujourd'hui une interview de Laurent Roussey. "La cicatrice n'est toujours pas refermée" explique l'ancien entraîneur stéphanois. Morceaux choisis.

"A l'ASSE, vous avez trois façons de penser, trois avis divergents. Avec deux présidents, Roland Romeyer et Bernard Caïazzo, dont l'un est rarement au club, et un troisième décideur, Vincent Tong Cuong, directeur général, à qui l'on a donné de grosses responsabilités. Pour les décisions, c'est compliqué...

Caïazzo, je le voyais une fois par semaine, puis les jours de match. Nos rapports étaient courtois. Mais bon, on était un certain nombre à avoir conscience que ce que Caïazzo me disait en face n'était pas dit de la même manière à l'extérieur. Alors qu'on visait la qualification en Coupe d'Europe, le même Caïazzo me répétait que si on ne finissait pas 5èmes du championnat, ce n'était pas grave. Figurez-vous qu'au club on m'a même laissé penser que financièrement il valait mieux finir 11èmes que 5èmes (chaque joueur a touché une prime de 75.000 € pour la qulification en coupe de l'UEFA).

Je pistais Hoarau depuis un certain temps et l'avait eu au téléphone avant qu'il signe au PSG. Lui, c'était ma priorité, mais elle n'était pas du tout partagée, ni par le président Caïazzo, ni par la cellule de recrutement dirigée par Omar Da Fonseca. Que les choses soient donc claires : sur tout le recrutement effectué au printemps dernier, j'ai donné mon avis. Mais personne n'en a tenu compte. En plus de Hoarau, je voulais Koné, Briand, Ménez et Sinama-Pongolle. Mais, toujours selon Caïazzo, seul Jimmy Briand était une piste forte. C'est en parlant de Briand que j'ai appris que Grax, alors attaquant de Sochaux, avait déjà rendez-vous avec les dirigeants de l'ASSE. Grax, je n'avais pas imaginer le recruter. Matsui, c'est comme Sauget : deux joueurs engagés avant la fin de la saison. J'étais contre leur venue. Ils n'étaient pas des priorités. Le cas de Savidan a été évoqué. Autour de la table, il y a, à l'ASSE, sept décideurs et il faut la majorité voire l'unanimité, pour que le joueur vienne. Quatre personnes ont parlé avant moi sur ce dossier. A chaque fois c'était non.

Après notre victoire contre le PSG, Caïazzo m'a évoqué le départ de Feindouno au Qatar et je lui ai dit non. On se retrouve ensuite avec la direction du club. Le ton monte et Roland claque la porte. Le lendemain, le même Romeyer me dit qu'il faut faire le transfert, sinon le club devra faire face à un déficit. "