7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Dayan hors jeu ! (1)

Dans son livre entretien avec Benjamin Danet Hors jeu (éd. Hugo & Cie, février 2010), Luc Dayan revient sur le rôle qu'il a joué à l'ASSE.

"J'ai rencontré Bruno Gaccio une première fois au mois de juin 2003 et il m'exprime sa tristesse par rapport aux Verts. C'est son club, il est de Saint-Etienne, ça l'énerve de voir l'ASSE en Ligue 2. De mon côté, je lui explique ce qu'est exactement mon activité professionnelle et lui précise qu'à Saint-Etienne, personne ne m'a jamais appelé. Le temps passe et Bruno me contacte au mois d'octobre 2003. Il me dit qu'il aimerait me faire rencontrer Alexandre Bompard, fils de l'ancien président du club Alain Bompard. Son père détient toujours avec ses associés historiques le contrôle majoritaire au sein du club. J'accepte bien évidemment et Alexandre me raconte que son père a donné la gouvernance du club à un autre homme (Henri Grange), que tout s'est fait dans l'urgence et qu'aujourd'hui la situation financière du club est mauvaise, avec un budget prévisionnel déficitaire.

Je n'ai à ce moment là aucune information sur le passé du club. Il manquerait près de trois millions d'euros et la DNCG est intervenue. D'après ce que m'explique Alexandre, personne au sein du club, ni son père et ses associés ni Grange, n'a l'intention de combler le trou car les relations entre les deux camps sont exécrables. Comme il me demande ce que je ferais dans ce cas précis, je lui explique que le club n'a plus trop le choix : soit le bloc minoritaire, celui d'Henri Grange, rachète les parts du bloc majoritaire, et ils se mettent d'accord sur un prix, soit le club est officiellement mis en vente et une autre entité arrive. Mais il faut vite trouver une solution car, à ce moment là, la DNCG menace clairement de rétrograder le club.

Cette situation d'urgence me fait rentrer dans le dossier stéphanois en quinze jours ou trois semaines. Il y a tout d'abord une grande réunion à Paris avec les principaux actionnaires du club. Le paradoxe de cette histoire, c'est que pendant que l'équipe tourne bien et qu'elle est déjà dans le tiercé de tête de la Ligue 2 pour pouvoir remonter en L1, les actionnaires me disent clairement qu'ils n'ont aucune intention de remettre de l'argent. Ils veulent vendre leur participation, mais n'ont pas de pactes d'actionnaires. A l'issue de la réunion, le bloc majoritaire d'actionnaires me signe un mandat et je peux commencer à travailler en épluchant les comptes du club."