Le net pas net selon Galette
Invité hier soir sur RTL dans une émission consacrée aux Bleus, Christophe Galtier ne s'est pas contenté de balayer une rumeur qui l'envoyait à l'OM : "Je reste à Saint-Etienne. Je serai l'entraîneur de Saint-Etienne, je suis l'entraîneur de Saint-Etienne. Il est impossible pour moi d'être un jour l'entraîneur de l'Olympique de Marseille tant qu'il y aura certaines personnes au club. Avec tous les problèmes que Didier a rencontrés… Je pense que si c'est moi, c'est multiplié par deux !"
Galette a aussi remis en question la formation et les médias. Extraits.
"Dans tous les groupes, il y a des joueurs qui ont du caractère. Si on parle de l'éducation, c'est peut-être au niveau de la formation qu'on doit tout remettre en question. A un certain moment, j'entendais des entraîneurs, des éducateurs, dire : "nous, on ne nous demande pas de faire des hommes, on nous demande de faire des joueurs." Je pense que là on a tout faux. Faisons des hommes qui deviendront de bons joueurs et de bons partenaires. Au jour d'aujourd'hui, le joueur, quand il arrive c'est un produit. Le respect des supporters, c'est quelque chose de très important, c'est quelque chose qu'on doit inculquer dès le départ quand un joueur arrive dans un club. Aujourd'hui on tombe sur les joueurs, mais il y a à remettre en question tout ce qui se fait quand un jeune joueur arrive dans un centre. Quand vous prenez un jeune de 13 ou 14 ans, on dit qu'un club se substitue aux parents. A cet âge là, ce sont encore des gamins, ils quittent leur domicile, leur famille. On doit les éduquer. Ils entrent dans un milieu d'adultes, compétitif, ils sont sous pression constamment. On doit en faire des partenaires, on doit en faire des hommes. Pour ça, il faut peut-être passer un peu moins de temps sur le terrain mais un peu plus de temps dans les salles de cours.
La presse a changé. Aujourd'hui les médias sont omniprésents. A mon époque il y avait une certaine confiance, une certaine relation qui s'installait, qui s'instaurait avec les joueurs. A l'époque il y avait par exemple trois ou quatre journalistes qui suivaient l'équipe de France Espoirs. On avait vraiment confiance en ces journalistes là, il n'y avait pas le net. Le net a fait beaucoup de tort à la presse. Aujourd'hui il n'y a plus de confiance, il n'y a plus aucune relation entre le sportif et le journaliste. Pourquoi le joueur ne veut pas parler à la presse ? Parce qu'aujourd'hui il a face à lui chaque semaine des visages qui changent, il doit répondre sur des sites internet, il y a des reprises qui sont faites de certaines interviews avec des titres et des intertitres qui peuvent vraiment déranger parce que c'est accrocheur. La remise en question elle est aussi au niveau des médias. La presse d'aujourd'hui n'est pas celle d'il y a vingt ans. Il faut que les médias aient une attitude moins agressive. Pourquoi ont-ils cette attitude ? Parce qu'à certains moments les joueurs ne veulent plus parler. Et là, l'institution qu'est le club doit imposer aux joueurs de parler, leur faire comprendre qu'ils doivent communiquer."