7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Un Saint Bernard dans la bible

Dans la dernière édition de l'autoproclamée "bible du football", Bernard Caïazzo débat de l'avenir du foot français avec Vincent Labrune (OM) et Jean-François Fortin (Caen). Voici un petit récap des propos de Nanard.

"Les présidents sont des entrepreneurs, locaux ou nationaux, appelés par les collectivités locales pour sauver un club en difficulté. Parfois ils sont en recherche d'image, mais bien souvent ce sont des passionnés de football avant tout. Président de football, c'est fabuleux quand tu gagnes tous les matches. On n'imagine pas ce qu'est le week-end d'un président quand son équipe a perdu, qu'elle joue le maintien. Les angoisses, les nuits sans dormir... La victoire est amplifiée, mais la défaite aussi. Dans une entreprise, quand tout va bien, ou inversement, avant que la tendance ne s'inverse, ça prend du temps. En football, non. Et sur le plan psychologique, c'est difficile. Regardez le drame lensois : un accident industriel dont le club a de grosses difficultés à s'en remettre.  On pense tous à ça. La roche tarpéienne est proche du Capitole...

Un club français peut-il gagner la Ligue des Champions ? Ce serait embêtant de répondre non. Mais l'avoir remportée, c'est l'OM en 1993 ! Et depuis 2006, tant au niveau des équipes nationales que des clubs, le foot français n'a pas eu le moindre finaliste. Il faut remonter à avant 1976 pour trouver une situation semblable. Cette période de disette est inquiétante. Mais la France est aussi le deuxième pays exportateur de joueurs de Ligue des champions...

Faut-il plafonner les salaires ? Le football français a fait un gros effort de gestion, il n'y a plus de clubs dépensiers. La moitié des joueurs pros gagnent 25.000 €, le salaire moyen est de 45.000 € en L1. Taxer les les salaires au-dessus de 1 million d'euros annuels, ça profiterait à qui ? Ça tire vers le bas. Saint-Etienne aurait plus de chances d'être champion avec un tel système. Mais pour l'intérêt du foot français, c'est un non-sens total ! Si chacun est braqué sur son intérêt et ses avantages acquis, on ne pourra pas faire avancer notre football. si, au contraire, les uns et les autres réfléchissent dans l'intérêt général en ayant comme critère la compétitivité de notre football, on peut avancer.

Les nouvelles enceintes sauveront-elles le football français ? Ce qui est bien, c'est que l'on ne va pas faire comme en 1998 où on a tout concentré sur un seul stade. Pour Saint-Etienne, passer de 33.000 à 42.000 places va nous apporter des ressources supplémentaires. Si, demain, la France va en finale de l'Euro, ça va favoriser le remplissage des stades. Il est évident que les succès vont drainer un public comme en 1998.

Le PSG vat-il écraser le championnat ? Lyon a bien été sept fois champion. A l'époque, il avait un budget deux fois supérieur au deuxième. On ne peut pas, sous prétexte que vous êtes étranger ou français, avoir deux raisonnements différents. Mais gagner sept fois de suite le titre tout en étant les plus riches, ce n'est quand même pas facile. Je ne suis pas sûr que le PSG y arrivera parce qu'il y a l'incertitude du sport. Evidemment, ce serait mieux s'il y avait deux ou trois clubs aussi riches que le PSG."