La CAN desespère Kasper
Comme Joseph-Antoine Bell, Henryk Kasperczak a souvent été affligé par le niveau de jeu pratiqué à la CAN. L'ancien entraîneur de l'ASSE livre son analyse aujourd'hui dans le quotidien sénégalais L'Observateur.
"Manque de fraîcheur, de rapidité dans les actions, d’efficacité des attaquants (peu de buts), de cohésion et de relation entre les lignes, trop de déchets techniques, la CAN est moins bonne que les précédentes. Tout le monde est déçu. Peut-être, c’est la préparation qui est trop courte. Les joueurs de la Côte d’Ivoire, du Nigeria et du Cameroun n’ont pas récupéré. Il y a aussi un élément important à souligner : c’est le jeu collectif. Il est inquiétant. Individuellement, il y a de bons joueurs, mais le jeu collectif est nul.
Il y a aussi le manque de style et l’absence de meneur de jeu comme il y en avait à l’époque avec Okocha. Il n’y avait pas de joueurs qui ont l’esprit de meneurs. Quelqu’un qui fait jouer les autres. Il y avait, un peu, un manque de personnalité sur le terrain. Il faut donner l’exemple d’Ahmed Hassan, le capitaine égyptien. C’est un meneur de jeu qui a de la personnalité, qui fait jouer les autres et qui fait la différence. C’est ce genre de joueur qui manque dans les autres équipes africaines. L’Egypte profite de la personnalité de ses joueurs de grande qualité comme Hassan. Les Africains aiment l’animation. Il faut aussi trouver une organisation qui correspond aux qualités des joueurs. Mais ce qui manque le plus au football africain, c’est un meneur de jeu comme Okocha.
Le Nigeria, le Cameroun et la Côte d’Ivoire ont de bonnes individualités, mais n’ont pas d’équipe. Comme ce fut le cas quand j’étais au Sénégal, certaines équipes africaines doivent aujourd’hui penser à changer de génération. On ne peut pas le faire brusquement, mais par étape. Certains n’ont plus l’état d’esprit leur permettant de faire des résultats comme avant, il faut une période de transition. Nombreux sont les joueurs qui n’étaient pas en forme."