Un Platoche pure Malte
A La Valette, Michel Platini a distillé quelques réflexions au quotidien Ouest-France.
"La crise économique a mis en évidence la fragilité des clubs européens. Alors que leurs revenus augmentent de 10 % en moyenne, ils doivent faire face à une augmentation des coûts, en particulier des salaires (+ 18 % en 2008). Face à cette situation, l'UEFA se doit de réagir. Le soutien de la Commission européenne et du Parlement renforce ma conviction que c'est aujourd'hui ou jamais qu'il faut agir.
On doit jouer un match de football pour gagner trois points et des titres, pas pour gagner trois points en Bourse et de l'argent. C'est pour cela que je n'ai jamais été favorable à l'introduction des clubs en Bourse. Une défaite ne doit pas devenir un drame économique, comme c'est souvent le cas aujourd'hui. Trop dangereux.
J'essaie maintenant de prendre les mesures qui correspondent à ma philosophie. La délicate situation des clubs était connue depuis longtemps... Il ne s'agit pas d'une situation de transition, mais d'un modèle qui se détériore d'année en année.
Il existe une forte corrélation entre la capacité financière des clubs et leurs résultats sportifs. Elle les pousse à prendre des risques excessifs et souvent à crédit. Nous souhaitons mettre un terme à cette spirale inflationniste avec un organe européen de contrôle et de gestion. L'UEFA a approuvé les principes du « Fair-play financier », qui visent à imposer une discipline financière et à encourager les clubs à vivre avec leurs propres revenus. Un club ne doit pas dépenser plus d'argent qu'il n'en génère. Ce contrôle financier va renforcer la transparence et mettre un frein à l'accroissement des coûts. Sa mise en place se fait sur plusieurs saisons. Des clubs anglais ont commencé à prendre des mesures dans ce sens.
Aujourd'hui, des clubs en Belgique ou en Hollande sont tombés en faillite au milieu de la compétition. D'autres pourraient connaître le même sort ailleurs. Notre objectif est de stopper cette tendance et d'encourager les investissements dans les infrastructures et la formation des jeunes, plutôt que dans les salaires et les transferts.
Investir dans la formation est essentiel. Mais encore faut-il avoir des règles qui protègent les clubs formateurs. C'est un autre combat, tout aussi difficile. On ne doit pas former un jeune pour le vendre, mais pour qu'il s'épanouisse et joue au sein du club dans lequel il a grandi. Après quelques saisons, alors oui, il pourra envisager son avenir à l'étranger. S'il le souhaite."