Nanard redoute le grand écart
Dans la dernière édition de France-Football, Bernard Caïazzo redoute un championnat à deux vitesses.
"Je pense que le championnat est ouvert, mais principalement pour les quatre grands clubs (Bordeaux, Marseille, Lyon et Paris). Le fossé se creuse justement entre ces quatre clubs les plus riches, parce qu'ils ont des actionnaires puissants et jouent plusieurs fois de suite la Ligue des champions, et les autres.
Je pense que dans toute l'Europe le fossé se creuse. C'est l'une des caractéristiques du système capitaliste, le foot devient de plus en plus dépendant de l'économie et le niveau d'incertitude du championnat diminue chaque année.
On est dans un marché où il n'y a que les quatre du "Big Four" qui ont acheté plus qu'ils n'ont vendu. La famille de Robert Louis-Dreyfus a injecté de l'argent pour compenser les turbulences éventuelles liées au départ de Pape Diouf et Lyon a dépensé l'argent de la bourse réservé jusque là au futur stade. Il y a eu un effet domino sur les autres clubs. Mais Toulouse, Lille et Rennes, qui disputent l'Europa League, ne pourront recruter que s'ils vendent.
La France est en train de rater le virage des stades. Il faut s'inspirer du modèle allemand mais, pour l'instant, ce n'est pas ce que l'on fait. Ce n'est pas une question de responsabilité politique locale mais nationale. Rama Yade est allée voir le premier ministre pour lui demander de faire un effort, mais autant Nicolas Sarkozy est très orienté foot, autant François Fillon ne l'est pas."