Guillou ! Guillou ! Guillou !

19/05/2013
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Consultant sur Canal + et cadre chez Henner Sports (spécialiste de la couverture sociale des sportifs de haut niveau), Patrick Guillou (43 ans) a accordé une longue et intéressante interview au "slog" Soccer-Populaire. L'ancien chouchou du Chaudron revient notamment sur ses vertes années.

"J’ai vécu longtemps en Allemagne. Donc naturellement je suivais avec attention les résultats du  Bayern et du Borussia Mönchengladbach. Ma mère étant bavaroise, je pense que l’intérêt vient de là. Ensuite je jette régulièrement un Å“il sur les résultats des équipes dans lesquelles j’ai évolué (Bochum et Fribourg). J’aime bien Ipswich Town et Liverpool en Angleterre. Mais le club dont je supporte les couleurs est l’ASSE. 

Je suis un besogneux qui a toujours atteint les objectifs fixés. Je n’ai jamais triché, avec les moyens que j’avais. Le talent ne suffit pas. Du côté français me vient très certainement ma fantaisie, le plaisir des choses simples et mon esprit d’ouverture. La phrase qui me caractériserait le mieux serait « la rigueur dans la fantaisie Â». Je n’ai pas fait de centre de formation.  Je jouais au foot par plaisir, par passion et pour être avec les copains. Je jouais attaquant et je plantais pas mal. A douze ans, quand je suis revenu d’Afrique, j’ai fait mes classes à Fribourg. Mais trop petit, j’ai dû changer de poste. C’est alors que j’ai débuté arrière gauche.

Jouer à l'ASSE, c’était l’accomplissement d’un rêve. Connaître de l’intérieur cette ambiance, cette ferveur, ce poids de l’Histoire. Je mentirais si j’affirmais que je suivais tous ces exploits à la télévision, en 1976 j’avais 6 ans. Des amis français de Roanne vivant à Fribourg m’ont fait découvrir l’A.S.S.E. Nous allions voir les matchs à Sochaux, Metz, Strasbourg, Mulhouse. Quelques fois, nous allions à Geoffroy-Guichard. Un rêve de gamin adolescent se réalise.

Lors de la saison 97/98, l'ASSE lutte pour ne pas descendre. Je vis très mal la situation. D’autant plus qu’après des débuts intéressants, j’ai dû m’occuper de ma fille. Je suis allé voir le club en lui expliquant que ma priorité n’était plus le foot. J’ai disparu des écrans radars. Ma fille, ma femme avaient besoin de moi. J’ai demandé au club de me libérer de mes obligations professionnelles. Je pouvais venir aux entraînements quand je le souhaitais. Je ne jouais qu’uniquement en réserve. Les dirigeants et le coach ont été formidables. Je suis revenu vers la fin du championnat. Nous nous sommes sauvés en perdant à Lille mais Réginald Ray du Mans avait fait l’essentiel.

La saison suivante s'est achevée par la remontée en D1. Comme souvent, je n’étais pas un titulaire indiscutable au départ. Mais, je me sentais redevable. Je voulais faire partie de l’aventure, apporter ma modeste contribution au nouveau départ des Verts. Alain Bompard a compris mon mode de fonctionnement. Gérard Soler a été formidable avec moi. Le coach Nouzaret a relancé la machine. Un brin de nostalgie quand on évoque ce triumvirat à l’origine de la renaissance du Peuple vert.

Je garde de formidables souvenirs de cette période. Une belle histoire de potes, de briscards et d’autogestion encadrée. Nous n’étions pas forcément les meilleurs amis du monde mais nous avions un objectif commun : redonner à Saint-Etienne ses lettres de noblesse. Une superbe saison ponctuée par le titre honorifique de champion de Deuxième division… Nous sommes presque tous restés en contact.

Après être parti à Sochaux, je suis retourné à Saint-Etienne. J’ai eu l’opportunité de signer à Nancy. Lorsque j’en ai parlé à Monsieur Jean-Louis Desjoyaux, il m’a dit « donne moi la journée, j’appelle le Président Bompard Â». Le lendemain, le 15 août 2001, je signais à Saint-Etienne. Encore un clin d’œil ! Le jour d’anniversaire de ma fille née à Saint-Etienne trois ans auparavant. Mes motivations ? A trente-et-un ans, je souhaitais jouer, reconnaître une montée et prendre du plaisir sur un terrain."

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