Losilla se met en lumière au Dynamo
Alors que Lynel Kitambala a ciré le banc du Dynamo Dresde, défait avant-hier à domicile par le leader de la D2 allemande (Eintracht Brunswick), son coéquipier Anthony Losilla a honoré sa dixième titularisation dans l'entrejeu. Agé de 26 ans, l'ancien capitaine de l'équipe réserve de l'ASSE aime la Saxe et prend son pied en Allemagne, comme l'atteste l'entretien qu'il a accordé à Ouest-France. Extraits.
"Quitter Laval pour un championnat étranger, c'était un saut dans l'inconnu car je ne savais pas où je mettais les pieds, mais des gens de mon entourage m'avaient parlé de l'Allemagne, du football là-bas, des joueurs aussi. Et puis j'ai voulu tenter l'expérience. J'avais envie d'autre chose. J'ai senti beaucoup de réticence de la part des clubs français à miser sur moi. J'avais des contacts en Ligue 1, en Ligue 2. Pour les premiers, ils se montraient intéressés, mais ça ne bougeait pas trop. Ils auraient préféré un peu plus d'expérience, quelques matches au sein de l'élite. À un moment donné, j'ai dit stop, je tente autre chose. J'ai un contrat de deux ans ici, plus une année en option.
J(ai déjà marqué deux buts, c'est fou, non ! (il rigole). Je suis titulaire depuis le début de la saison. J'évolue milieu défensif, comme à Laval. C'est pas mal. Je peux m'exprimer. La culture tactique est différente en D2 allemande. C'est beaucoup plus offensif. On marque plus de buts, on en prend plus aussi. Toutes les équipes veulent jouer, attaquer, l'engagement est plus important qu'en France. C'est très intense. J'y prends énormément de plaisir. Et puis on joue dans des stades pleins, c'est incroyable. Dresde est une grande ville, environ 400 000 habitants, qui vit pleinement pour le foot. Les gens vous acceptent facilement, sont accueillants. À domicile, il y a 30 000 spectateurs au stade. On a joué récemment à Berlin : 15 000 supporters avaient fait le déplacement ! C'est fabuleux.
Je ne parlais pas un mot d'allemand. Je prends des cours. Ce n'est pas une langue évidente à assimiler. Mais il y a pas mal de Français au club : il y a Mickaël Poté (ex-Nice) en attaque, Romain Brégerie (ex-Metz), Idir Ouali (ex-Le Mans), Lynel Kitambala et Vujadin Savic (prêté Bordeaux). Je ne me sens donc pas trop dépaysé. Ça m'a beaucoup aidé dans un premier temps. On nous appelle « la petite France » ici. C'est très similaire, à la fois dans l'organisation du club et dans les méthodes de travail. Sur le plan physique, par exemple, on fait une grosse préparation foncière dont une semaine totale sans ballon, puis des tests sur lesquels on s'appuie pour bosser individuellement ensuite. On court avec un cardio. La différence si situe peut-être après : on travaille moins physiquement dans l'année. Les entraînements sont beaucoup axés sur le jeu. Ça me va bien tout ça."