7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

Roussey tacle la Pravda, Canal et Platoche

Alors qu'il aurait dû affronter l'Atlético Madrid au stade Vicente Calderon, Laurent Roussey était hier en famille à Sainté.  Amer mais pas abattu, l'entraîneur du FC Sion s'est confié hier soir au quotidien valaisan Le Nouvelliste.

"Je viens d'enclencher la télévision. Je me ferai un peu mal, je suivrai le match entre Udinese et Rennes. Je pourrai ainsi me faire une idée de nos prochains adversaires. Je ne suis toujours pas convaincu que nous ne jouerons pas cette compétition, c'est comme une intuition qui ne me quitte pas. Tant que les rencontres de la deuxième journée n'auront pas commencé, j'y croirai. J'ai lu sur internet qu'une séance était prévue le 27 septembre au tribunal. Elle peut nous permettre de jouer contre Udinese à Tourbillon deux jours plus tard. Quand je vois les proportions que prend cette affaire, je me dis que nous avons encore une chance.

Aucun journaliste français ne m'a contacté. Nous avons découvert avec mon fils Quentin sur le site de L'Equipe que "Sion avait été étrillé deux fois par 3-0 par le Celtic lors des barrages" dans le cadre de la présentation réservée à la journée d'Europa League. Cet exemple démontre comment la presse traite le sujet ici. Ou plutôt le football suisse. Le résumé de la Ligue des champions de Canal plus diffusé ce matin a montré tous les buts de la soirée, sauf ceux du match de Bâle. C'est pourtant la chaîne qui se qualifie "du football". N'oublions pas que nous sommes au pays de Michel Platini.

Le Celtic n'a rien à faire là à mes yeux. Je n'échapperai pas au résultat puisque le tableau des matches se présentera certainement en cours de soirée ou les journalistes mentionneront le score des adversaires de Rennes. J'ai accordé une journée de liberté à mon groupe. Elle était nécessaire parce que les émotions vécues mardi nous ont sérieusement éprouvés, moi le premier. Nous nous sommes tellement vus dans l'avion que vivre bien les choses est impossible. Une telle tension engendre un stress très fort. Ce soir, ça ira mieux. Penser en permanence que nous la jouerons use beaucoup.

Mais je ne dirai pas que j'ai vécu la journée la plus difficile depuis mes débuts sur un banc de touche. Un regard autour de moi me montre que des drames se vivent dans le monde avec des souffrances bien plus grandes. Je ne suis pas du genre à me torturer l'esprit avec plein de questions. Trois heures et demie de route ne sont pas énormes, c'est comme de rentrer d'une rencontre depuis Saint-Gall. La radio m'accompagnera. Il y aura sûrement des commentaires et des analyses sur une chaîne qui me permettront de me dire que le monde est drôle en écoutant les remarques qui y sont faites. Nous nous sommes tellement vus dans l'avion que bien vivre les choses est impossible."