7 novembre 1979 : ASSE 6-0 PSV Eindhoven - 16e de finale retour de la Coupe UEFA

J-6 pour Jean-Guy

Huit ans après un Sainté-Guingamp de sinistre mémoire, Jean-Guy Wallemme (RC Lens) retrouvera un banc de Ligue 1 ce dimanche chez les champions girondins. Passionné et humble, l'ancien entraîneur-joueur de l'ASSE se confie aujourd'hui dans La Voix du Nord. Morceaux choisis.

"Ce qui me fait avancer ? La passion avant tout. Il y a aussi le fait qu'on vive une véritable aventure humaine. Les joies et les peines du vestiaire, ce sont des émotions que je n'échangerais contre rien au monde, même si elles sont difficiles à vivre de temps en temps. Je suis un optimiste, même si j'essaie de rester objectif : du jour au lendemain je peux sauter, mais je peux réussir aussi. La réussite, c'est aussi l'histoire d'un coach avec ses joueurs, ils peuvent la lui plomber car ce sont eux les acteurs. Je ne dirai pas que c'est un monde hypocrite, mais... Si j'ai un bon joueur dans mon équipe, même si c'est une tête de con et que je ne l'aime pas, à partir du moment où il respecte les autres et qu'il ne met pas en danger l'équilibre de l'équipe, je me dois de le faire jouer. Sinon, je me mets en danger, car je vais aller contre mes intérêts. Par contre s'il ne respecte pas l'équipe, là je le sortirai, forcément. 

Lors des meilleures saisons que j'ai vécues, les problèmes de vestiaires se réglaient entre nous, on n'avait pas besoin automatiquement du coach, ce qui est moins vrai aujourd'hui. Dans mon idée, il faut pourtant laisser une part d'autonomie et d'autogestion à un groupe, c'est comme cela qu'on reconnaît qu'il vit bien. Cette autogestion se peut ensuite se transférer sur le terrain. S'il y a un problème tactique à un moment de la partie, bien sûr que je peux et dois intervenir, mais cela n'est pas toujours possible. Quand il y a quarante mille spectateurs et de la tension sur le terrain, on peut crier tant qu'on veut, cela ne sert pas à grand-chose, les joueurs doivent donc être capables de se réorganiser par eux-mêmes. Dans l'équipe, il faut donc quatre ou cinq cadres, des "grands frères". Ce n'est pas un privilège, au contraire, je suis encore plus exigeant avec eux."