Les nouvelles casquettes de Baup et Dessel
Elie Baup et Cyril Dessel ont revêtu une nouvelle casquette en se prêtant au jeu de l'interview croisée pour La France Cycliste (hors série de février-mars 2007). Morceaux choisis de l'interview de l'ancien entraîneur des Verts par l'ancien maillot jaune ligérien.
Cyril Dessel : Elie, quels souvenirs gardes-tu de tes deux passages à l'ASSE ?
Elie Baup : "La première chose qui me vient à l'esprit, c'est la ferveur populaire qui entoure ce club. Le stade Geoffroy-Guichard est en plus un endroit mythique et les supporters y poussentle groupe. L'effet du maillot vert est également extraordinaire, ça frôle la magie. Il nous est arrivé un grand nombre de fois de jouer à l'extérieur à guichets fermés. Il n'y a pas beaucoup de clubs qui arrivent à attirer autant de monde. Le foot à Saint-Etienne, c'est un peu comme en Angleterre. Le jour du match, tout le monde s'habille aux couleurs de son club. Signe qui ne trompe pas quand on en parle, on ne dit pas l'ASSE mais les Verts. Et tout le monde comprend."
C.D. : Dans ces conditions, pourquoi avoir quitté le club à l'intersaison, alors que le courant semblait bien passer avec les joueurs et que les résultats commençaient à venir ?
E.B. : "C'est un peu les idées générales de certains qui m'ont fait partir. Moi, je voulais continuer avec les jeunes. J'avais envie de les former pour les amener tout doucement vers le haut niveau. Les dirigeants voulaient aller plus vite en recrutant à l'extérieur. Ils ont engagé neuf nouveaux joueurs. Les résultats sont bons pour le moment, on verra ce que cela va donner sur la saison complète."
C.D. : Que penses-tu du nouvel entraîneur des Verts, Ivan Hasek ?
E.B. : C'est toujours difficile de parler d'un collègue. Chacun amène sa personnalité dans les clubs où il passe. Avant moi, à Saint-Etienne, il y a eu Frédéric Antonetti qui a effectué un excellent maillot. J'ai pris ensuite le relais. Hasek a l'air aussi de faire du bon travail, il a des résultats avec son groupe. Il faut qu'il continue..."
C.D. Quelles différences ferais-tu entre Saint-Etienne et le Toulouse Football Club que tu entraînes aujourd'hui ?
E.B. : "Toulouse est un club moins populaire que Saint-Etienne, qui n'est revenu en Ligue 1 que depuis quatre ans, mais les idées y sont les mêmes. A moyen terme, on a le projet de former de bons jeunes. On dit souvent que le rugby est le sport numéro 1 dans cette région mais je pense sincèrement qu'il y a aussi de la place pour le foot dans cette ville et aux alentours. D'ailleurs, en Midi-Pyrénées, le foot devance le rugby au nombre de licenciés..."
C.D. : En France, Lyon domine depuis des années le championnat de France. Qu'en penses-tu ?
E.B. : "Lyon a pris le temps de bâtir une équipe de haut niveau. Aujourd'hui, elle se situe parmi les dix meilleures équipes européennes. Tous les postes sont doublés, voire même triplés. C'est énorme. Ils écrasent le championnat de France comme Armstrong a écrasé le Tour de France de 1999 à 2005. Comme vous l'avez connu dans le vélo, ce n'est pas une source d'émulation pour les adversaires..."
Lyon peut-il gagner dès cette année la Champion's League ?
E.B. : "J'imagine que pour un supporter des Verts, la question doit être très très dure à poser. Mon pauvre Cyril ! J'ai passé sept saisons à Saint-Etienne et je sais que pour un Stéphanois, ce n'est pas bon d'entendre que Lyon peut gagner la Champion's League. Alors est-ce que ce sera cette année ? Peut-être. Je pense qu'un jour ils y arrriveront, ils ont bâti une équipe pour ça. Ils sont proches depuis des années d'une demi-finale. Ils y parviendront un jour en finale aussi, et ils la gagneront. C'est dur d'entendre ça quand on est Vert. Et quand on est Vert, c'est pour la vie. Moi j'ai de grands souvenirs de Saint-Etienne. Ils sont gravés en moi à jamais. Je resterai marqué jusqu'à la fin de mes jours par mes expériences dans ce club."