Touche pas à mon Brandao !
Raillé par de pseudo-experts pour son manque de technicité, Brandao est défendu dans la dernière édition de France Football par son coach comme par son ancien entraîneur adjoint à l'OM.
Christophe Galtier :
"Brandao a une qualité de contrôle au-dessus de la moyenne. Au contact avec un défenseur, il réussit très souvent à prendre en charge le ballon, notamment de la poitrine, et quand vous réussissez ça en étant chargé dans le dos, c'est forcément que vous avez une certaine sécurité technique. Pfff, demandez aux défenseurs qui essaient de lui piquer le ballon. Avec son gabarit, son jeu de corps, son jeu de bras aussi, c'est compliqué de lui arracher le ballon, vraiment ! Alors moi, je veux bien que ce ne soit pas le roi de la roulette, mais pour garder la maîtrise même sous la pression physique des adversaires, il faut avoir un rapport à la balle correct. En fait, sa technique échappe peut-être à notre culture foot. Prenez le jeu de tête, où il excelle dans toutes les zones du terrain. C'est un vrai geste technique qui demande une réelle coordination et une précision extrême. Mais souvent, en France, on ne le met pas sur le même plan que le dribble ou la passe.
Brandao est un vrai finisseur. Depuis son arrivée en Europe, en 2002, il a joué précisément 395 matches et marqué 144 fois. Et, j'insiste, sans tirer les penalties. Des chiffres pareils ne mentent pas. Et n'oublions pas cette capacité à marquer dans les grands matches, là où, sous la pression de l'évènement, la technique peut s'effriter. Alors que lui est encore plus juste. Cela prouve qu'il possède un socle technique plus sûr que ce qui se dit. Le truc, c'est qu'il ne fait pas la différence sur un seul coup d'accélérateur, comme un Aubameyang, ou en éliminant quatre joueurs sur soixante mètres. Mais ce n'est pas qu'un problème de technique, c'est davantage une question de morphotype. En clair, comme il échappe aux canons en vigueur, on ne lui reconnait pas ses vrais mérites, on les rabaisse. Et vous savez quoi ? Cela le rend vraiment triste qu'on le réduise à cette caricature de joueur."
Guy Stéphan :
"Si Brandao était bulgare ou norvégien, on lui foutrait la paix. Il ne réussit pas tout, on ne va pas se mentir. Mais on a tendance à minimiser ses qualités et à exagérer ses défauts. Oui, c'est un joueur de duels, de contacts? Mais pas seulement. Dans tous les secteurs ou presque, il vaut entre 6 et 8. Jamais 10, c'est vrai, mais toujours au-dessus de la moyenne. Il peut lui arriver de rater des contrôles assez simples. Mais il ne va pas se désunir, il reste dans son match, et finit par réussir un peu plus tard dans la partie. Et pour ne pas être affecté par ses ratés, il faut une grande confiance en soi et en ses moyens.
Vous ne le verrez pas faire des transversales de quarante mètres, mais ses remises sont souvent bien dosées, assez sèches, bien anglées. Ce sont des fondamentaux qu'il maîtrise plutôt bien. Il se déplace intelligemment qui plus est, ce qui ouvre les bons espaces à ses partenaires. Disons que quand il rate, ça se voit. Mais il gaspille beaucoup moins qu'on le dit. Il est même plutôt précis avec son pied gauche."