Juju s'est fait Saint-Priest
Ecarté du groupe pour Nancy alors qu'il était capitaine en début de saison, Julien Sablé a joué à sa demande contre Saint-Priest en CFA2 ce week-end. Lors d'un entretien publié aujourd'hui dans Nice-Matin, Juju ne cache pas son mal-être mais évoque sa passion du métier, intacte.
"Ce sont les jeunes que j'ai découverts lors du stage d'avant-saison, à Peralada, qui m'ont donné envie d'être parmi eux, à leur écoute. Je l'ai fait aussi pour moi, pour le rythme, pour retrouver le jeu à la source. Le football me manquait. Le goût d'une victoire, même en CFA 2, est bon à prendre. Et puis cela ramène à l'humilité. J'ai retrouvé à Saint-Priest un ancien équipier du centre de formation de Saint-Etienne, Mathieu Civier. Je suis dans un bon club, je gagne bien ma vie, je n'ai pas le droit de me plaindre. Même si je traverse une période difficile à vivre.
Eric Roy ne m'a pas donné d'explications mais je ne me formalise pas. Il a d'autres soucis, avec notre situation au classement qui est difficile. L'an passé, il m'avait dit que si je souhaitais trouver un autre club, il ne s'y opposerait pas. Je ne suis pas non plus allé demander les raisons. Je pense qu'il apprécie l'homme, mais qu'en tant que joueur je ne suis pas dans ses premiers choix. Il faut savoir l'accepter et démontrer encore plus.
C'est difficile, bien sûr. Tu te poses des questions, sur ce que tu as fait, ou pas bien. Je suis en fin de contrat, je suis triste de ne pas jouer. Ce sont les aléas du métier, de la vie, qui à mon sens est un combat permanent. Il y a quelques années, j'aurais peut-être eu un comportement un peu sanguin. Mais aujourd'hui, comment puis-je être crédible devant les jeunes si je jette mon chasuble à terre ? J'ai ma fierté, comme tout le monde, mais le groupe doit rester la priorité absolue.
J'ai toujours faim, j'ai une grande envie de faire partie intégrante d'un projet car j'ai encore beaucoup à donner dans le foot. Je relèverai de toutes mes forces mon défi niçois jusqu'au jour où l'on ne voudra plus de moi. Cette échéance arrivera soit en janvier, soit en juin, on ne sait pas. Je sais ce que j'ai donné au club. Ce métier est ma chance, ma passion, je ne veux pas qu'il s'arrête."